‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 46 sur 81 · LES PLANÈTES · texte numérisé non relu

LES PLANÈTES

En quittant notre lune et continuant notre route, en montant vers le soleil, le premier astre que nous trouvons sur notre chemin est la planète Vénus; et nous avons déjà fait six millions de lieues.

Mais avant d’en venir au détail des planètes, disons-en un mot en général.

Les planètes sont des corps qui, comme la terre, circulent autour du soleil, et empruntent de lui leur lumière. La terre par conséquent est une planète.

Les anciens ne connaissaient que six planètes visibles à l'œil nu, savoir: Mercure, Vénus, la Terre, Mas, Jupiter et Saturne, et voici comme ils les désignaient: Mercure

vole, la radicuse Vénus danse en rond, la Terre tourne sur ses pôles, Mars étincelle, Jupiter passe majestueusement revêtu de lor pâle de sa lumière orangée, Saturne est assis au sein de son anneau. Huranus découvert par Hershell, ferme le cercle jusque-là connu des domaines du soleil.

Mais depuis cinquante ans, il y a un demi-siècle, avec le secours des lunettes astronomiques, on a découvert six autres planètes, sans compter la récente découverte par Leverrier.

Et il s’en faut que nous ayons fini de découvrir, il y en a plu-ieurs en hemin.

Quatre de ces planètes ont des satellites ou lunes, qui les accompagnent et circulent autour d’elles, comme notre lune le fait autour de la terre.

L'on compte, jusqu’à présent, dix-huit de ces planètes secondaires ou satellites, de sorte qu’avec les treize principales, elles forment comme un petit corps d’armée, dont le soleil est le centre. Vénus est cette étoile brillante qu’on aperçoit le soir après le coucher du soleil, et qu’on appelle Pétoile du soir. C’est la bien-aimée des bergers, elle ne les quitte jamais pour aller à d’autres. Sa distance du soleil est de vingt-sept millions et demi de lieues. Elle rotate sur elle-même en vingt-trois heures vingt-et-une minutes, et fait son tour autour du soleil en deux cent vingt-quatre jours. Elle est à peu près de la grosseur de la terre.

De Vénus, nous approchons de très près du soleil, avant de rencontrer la planète dite Mercure, qui est comme plongée dans ses rayons, ce qui nous empêche de la bien connaître ; cette planète n’est qu’à treize millions de lieues du soleil. Elle tourne sur son axe en vingt-quatre heures cinq minutes; par sa proximité du soleil, son degré de chaleur égale la moitié de celui du fer rouge ; elle est très petite, puisque son diamètre n’est que le dixième de celui de la terre; et s’il y a des êtres vivants sur cette planète, ils doivent assurément suer à grosses gouttes !

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Nous venons de quitter la terre pour aller jusqu’au soleil, mais pour parcourir les autres planètes, il nous faut revenir sur nos pas et passer par la terre de nouveau. Elle est elle-même une planète, et mérite, sous ce rapport, quelques mots de description.

Nous avons déjà parlé de son volume, de son poids, ete., il suffira d'ajouter qu'elle est une planète qui circule autour du soleil en trois cent soixante-et-cinq jours et un quart.

Elle n’est pas tout-à-fait ronde, mais vue de la lune, elle paraît aussi ronde que cette dernière, son axe d’un pôle à l’autre est de dix lieues plus long que celui qui traverse l'équateur.

Elle est éloignée de trente-trois millions de lieues du soleil, et met vingt-trois heures cinquante-six minutes et quatre secondes à tourner sur elle-même.

En hiver, nous sommes plus près du soleil de treize millions de lieues que dans Pété ; ce qui paraît inconcevable, car plus nous sommes éloignés du soleil et plis il semble qu'il devrait faire froid sur la terre. Voï:i l'explication que nous en donnent les astronomes : en été, les rayons du soleil tombent sur la terre perpendiculairement, et, par là, ils traversent deux fois l'atmosphère d’aplomb ou verticalement, tandis que dans l'hiver, ces mêmes rayons tombent plas obliquement, et l’action de la réfraction en est sensiblement diminuée. En outre, dans l'été, les jours sont plus longs, ou si vous voulez, le soleil est plus longtemps en présence.

En laissant la terre de nou::21, et en nous éloignant du soleil, nous trouvons sur notre cüemin létincelant Mars, qui est éloigné du soleil de cinquante-huit millions de lieues ; de sorte que nous venons de faire d’un saut, vingt-cinq millions. Mars tourne sur lui-même en vingt-quatre heures neuf minutes, et autour du soleil en six cent quatre-vingtsept jours, ou près de deux ans. Ses deux hémisphères ont chacun un été et un hiver, comme sur la terre; on voit à ses deux pôles des taches blanches, qu’on croit, avec raison, être de la neige, car ces taches diminuent pendant l'été.

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Dans les environs de Mars, ou plutôt entre lui et Jupiter, se trouvent cinq petites planètes, invisibles à l'œil nu, et c’est pour cela qu’on les a appelées Télescopiques. La première a été découverte le propre jour de l’an du dixneuvième siècle, ct la cinquième il y a à peu près trois ans. Le diamètre de ces petites planètes est très petit. Les astronomes ne leur donnent guère plus de quarante à cinquante lieues de diamètre chacune, et qu'est-ce que cela à côté de celui de la terre, qui est de trois mille lieues ? On croit généralement que ces petites planètes ne sont que des éclats du brisement d’une ancienne grande planète.

Jupiter est une énorme planète, mille quatre cent soixante-et-dix fois plus grosse que la terre ; elle ne reçoit du soleil, vu son éloignement de cet astre, que la vingt-septième partie de la Jumière que la terre en reçoit. Il règne des vents alisés sur Jupiter, comme sur notre terre; et il met douze ans à faire son tour. Son éloignement du soleil est de cent quatre-vingt millions de lieues, c’est-à-dire, cinq fois la distance de la terre au soleil. Il a quatre lunes ou satellites, ce qui lui était bien dû pour suppléer à la faiblesse de la lumière qu’il reçoit directement du soleil.

En continuant notre ascension, nous touchons à Saturne, qui est à trois cent soixante-et-quatre millions de lieues du soleil, Il fait sa tournée en vingt-neuf ans et demi, il est buit cent quatre-vingt-sept fois plus gros que la terre, entouré d'un anneau de dix mille lieues de largeur, et séparé du corps de la planète par un espace de huit mille lieues. C’est un pont sans piliers qui règne tout autour de la lumière que nous recevons. À Saturne se terminait le cicl planétaire des anciens.

En 1781, Hershell découvrit Huranus, qui aurait dû se nommer Hershell. [furanus est huit cent soixante-et-dixneuf fois plus gros que la terre, et met quatre-vingt-quatre aus à faire son tour.

On avait depuis longtemps remarqué et déterminé les déviations que les influences de Jupiter et de Saturne

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LE RÉPERTOIRE NATIONAL. 255 faisaient éprouver à la régularité d’'Iuranus. On s'était très bien aperçu que les influences de ces deux astres ne suffisaient pas pour produire toutes les irrégularités de ce mouvement, telles qu'on les reconnaît par l'observation. On s’imagina, dès lors, que peut-être il y avait au-delà d'Huranus quelque planète inconnue, dont l'influence produisait ces irrégularités, qu'on ne pouvait toutes attribuer À Jupiter et à Saturne. Un jeune astronome français, Leverrier, a découvert l’inconnue, non pas avec le télescope, mais au bout de sa plume, par un calcul très long et très savant. Il a indiqué dans quelle région du ciel on devait la trouver, et à quelle époque. Sa distance du soleil est de mille deux cent cinquante-quatre millions de lieues, c’està-dire, trente-trois fois plus loin du soleil que ne l'est la terre.

Le mouvement de rotation des planètes est d'occident en orient, d’où résultent les mouvements apparents du soleil et des (toiles fixes autour de la terre d’orient en occident. Les lunes conservent ce mouvement, mais il faut excepter les deux lunes d’'Huranus qui vont d’orient en occident, ce qui à fait rêver bien des astronomes.

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