LE PERTOIRE NATIONAL
éducation, comme vous suvez, comprend tous les perfec: onnements dont l’homm : en socié. : est susceptible, Ac, lé ducation est morale et religieuse, phr que et i wilectvelle tout à la fois. L’enscignement, l structio, dans leur acception ordinaire, ne se rapportent wi l'imelligence, et ne comportent conséquemment qu’une partie du sens du mot ‘ducation. Ceci expliqué, entrons en matière.
Au milieu de la tourmente politique, qui nous a ballotés pendant le demi-siècle écoulé, et dont nous ressentons encore les oscillations, éducation du peuple, comme l'éclair au milieu de l'orage, est, de tous les sujets qui ont attiré Pattention pendant cette période, celui qui a su le mieux percer les nuages qui obscureissaient l'horizon politique, et partager l'opinion publique avec les grandes questions de réforme et de liberté constitutionnelles, qui vont cessé d'être à l’ordre da jour. La presse, comme toujours, a pris sur le sujet une vive et féconde initiative ; la tribune Jui a fait un éloquent et fidèle écho, et la législature, cédant à ces deux voix du peuple, a été, depuis une quinzaine d'années surtout, prodigue de lois et de secours en faveur de l'éducation. Aussi, je crains presque d’être accusé de témérité, en venant vous entretenir d’un sujet sur lequel le dernier mot doit avoir été dit depuis longtemps.
Oui, le dernier mot a été dit ; les hommes éclairés et amis de leur pays sont tous d'accord sur les avantages, sur la nécessité, sur obligation d’instruire le peuple. Mais que signifie donc cette opposition si vive et en apparence si générale sur plusieurs points du pays que rencontrent vos lois d'éducation parmi le peuple? Ici, vous voyez ce peuple, si plein de vénération pour ses pasteurs spirituels, rester sourd à leurs exhortations en faveur de l'éducation. Là, le ministre de l’évangile, pour ne pas compromettre son saint ministère, juge prudent de s'abstenir. Plus loin, les hommes les plus influents, les plus justement respectés sont objet de la défiance publique. Ailleurs, nos bons habitants toujours si paisibles, si soumis aux lois, opposent la force ouverte aux a-
gents de la justice. Sur d’autres points, nous avons à déplorer
de r'e
des attaques nocturnes contre la propriété, contre des maisons partic d'école même. Un jour, rencontrant un des plus notables l’espr
citoyens d’une de nos principales paroisses, je le félicitais de ce qu’il n’y avait pas de trouble dans sa paroisse à propos de l’acte d'éducation, et de ce que tout allait bien chez lui : “ Oui, dit-il, tout va bien chez nous, parce que, voyant ‘ Pinutilité de parler en faveur de la loi, nous nous sommes ‘€ fus.”
En présence de pareils faits, que doivent faire les bons
soin vous en en pyran sociét
Pot ne le
citoyens? J'en ai rencontrés qui levaient les épaules et nous courbaient la tête comme pour dire: Que voulez-vous faire labou
avec un pareil peuple? Ce sont les hommes du décourage-
et qui ment, ceux-là ; ils désespèrent, mais à tort, du salut de la
pour
patrie. n’en D’autres plus ardents ne voient de salut que dans la pagne coërcition, et veulent user, pour soumettre le peuple, de des pe toute l'autorité de la loi et du gouvernement. Mais ils le tem oublient que nous vivons sous un gouvernement représen- qu’un tatif, et qu’il est au pouvoir, dans certaines circonstances, gêner ; même d’une minime section du peuple, chez nous où le cri suffrage électoral est presque universel, de déplacer le pou- l'oppos voir et de le mettre entre les mains d'hommes qui cèderont yeux q à ses préventions, à ses préjugés. Le remède violent qu’on Il faut nous propose là, d’ailleurs, n’est possible qu’avec l’arbitraire ; découv pour l’administrer, il faudrait voiler pendant un temps il sera l’image de la liberté, fermer le sanctuaire de la constitution. efficace Mais avant d’abattre notre pavillon, ou de le clouer au Ces mât, tristes alternatives l’une et l’autre, n’y aurait-il pas jourd’h moyen de voir s’il n’y a pas quelque chance de salut autre demain
que le désespoir? Ne vaudrait-il pas la peine de s’enquérir, cides. plus attentivement qu'on ne l’a fait peut-être, si l'opposition main di du peuple est aussi aveugle, aussi irraisonnable qu’elle pour le paraît l’être au premier abord? N?y aurait-il rien dans cette lo votre loi qui, au moins, expliquerait la conduite du peuple, qu'il es s’il ne la justifiait pas. Il vaut la peine d’y penser avant de fois
de recourir à des moyens extrêmes ou d'abandonner la partie. Il y a presque toujours dans les mouvements de l'esprit populaire une haute raison cachée, qu'il faut avoir soin de rechercher, de connaître et d'apprécier. Sans cela vous vous exposez à commettre faute sur faute, la dernière en entraînant toujours une plus grande, jusqu’à ce que cette pyramide renversée, manquant par sa base, s’écroule sur la société, et la couvre de débris.
Pour moi, messieurs, je ne désespère pas du peuple ; je ne le crois pas ennemi de Péducation. Eh! que sommesnous pour Ja plupart? les enfants du peuple, issus de laboureurs ou d'artisans, vivant dans une médiocre aisance, et qui cependant ont fait des sacrifices immenses pour eux, pour nous procurer l'éducation que nous avons eue, On n’en demande pas autant, certes, au peuple de nos campagnes. On n’exige pas de lui qu’il envoie ses enfants dans des pensionnats coûteux. Tout ce qu’on lui demande, c’est Je temps de ses enfants et une modique rétribution, charge qu'un bon nombre sont en état de supporter sans trop se gêner ; et la loi pourvoit à l’exemption des pauvres. Le cri “aux taxes” ne m'explique done pas suffisamment l'opposition du peuple à l’acte d'éducation: ce n’est à mes yeux qu'un cri de ralliement, un épouvantail, un prétexte. Il faut qu'il y ait quelque chose de plus; et si on peut découvrir cette cause cachée au fond de l'instinct populaire, il sera peut-être facile de trouver un remède plus doux, plus efficace, moins dangereux que la coërcition.
C’est une arme à double tranchant que la coërcition. Aujourd’hui on l’emploierait à une œuvre sainte et salutaire, demain à faire prévaloir des mesures spoliatrices et liberticides. Il suffirait aux hommes qui auraient le pouvoir en main de dire et de faire répéter à leurs complaisants : C’est pour le plus grand bien du peuple qu’on le force à adopter cette loi, cette mesure. Eh! messieurs, est-ce dans ce pays qu’il est nécessaire de s’appesantir sur cette vérité? combien de fois ne nous a-t-on pas tenu ce langage? Non, n’habi-