RS REA
volupté dans les sens, étaient sévèrement bannis de Lacédémone ; on n’y admettait que ceux qui excitaient les vertus. La musique noble et guerrière fut seule admise. On ne connaissait d’antre éloquence que c£lle qui consiste dans la force des pensées, la clarté, la concision; ces hommes méprisaient tout ornement; à leurs yeux, la vérité n’en avait pas besoin. Avec de telles mœurs, on conçoit que les Spartiates devaient être et étaient en effet les plus robustes et les plus vaillants des Grecs, comme ils en étaient aussi les plus sages et les plus vertueux. Dès les premiers temps de la Grèce, ses habitants, obligés de résister aux attaques des barbares, ou tourmentés par la soif des conquêtes, se livrèrent avec ardeur à la gymnastique : une constitution forte en était le résultat, et cette force était un des plus beaux titres à la gloire. Le gymnase était sous la surveillance des lois: les exercices que l’on y pratiquait étaient soumis à des règles, animés par les éloges des maîtres et encore plus par lémulation qui existait entre les disciples. Toute la Grèce regardait ces exercices comme la partie la plus essentielle de l'éducation, parce qu’ils rendaient un homme robuste, agile, capable de supporter les travaux de la guerre et les loisirs de la paix. (Considérés par rapport à la santé, les médecins les ordonnaïent avec succès. Relativement à l’art militaire, on ne peut en donner une plus haute idée qu’en citant l'exemple des Lacédémoniens. Dans un temps où l’on combattait avec de petites armées et toujours corps à corps, où les grandes combinaisons et la stratégie étaient peu nécessaires, de quel prix inappréciable ne devait pas être la force physique! Aussi, voyons-nous que, de temps immémorial, l'exercice gymnastique fut en honneur et qu’il conduisit souvent à la suprématie.
Sous les noms de palestriques et d'orchestriques, Platon nous a transmis une division complète des exercices qui se pratiquaient dans les gymnases.
La palestrique comprenait ceux qui étaient exécutés dans les jeux olympiques, tels que la course, la lutte, le pugilat,
la pancrace, ie jeu du disque, etc.; la lutte Ctait le plus considéré de tous les exercices, celui qui conduisait aux plus grands honneurs, quoique les accidents de toutes espèces compensassent trop fréquemment les avantages que l’on en retirait. Les Intteurs s'étranglaient, s’étouffaient, se fracturaient les membres ou Iles côtés, et rarement en Ctaient quittes pour de simples contusions. Le pugilat ou combat à coups de poings, plus dangereux encore que le précédent, l’un des exercices les plus antiques, puisqu'il dût être un des premiers que les hommes encore sans armes mirent en usage pour attaquer ou se défendre, fut introduit aux jeux olympiques dans la vingt-troisième olympiade : il avait lieu d’abord avec les poings fermés et nus, plus tard enveloppés de bandes de cuir entremêlées de plaques métalliques qui augmentaient leur poids et leur force. Cet appareil, appelé ceste, avait le double avantage de porter des coups plus terribles et d’amortir ceux qui tombaient sur les parties qu’il recouvrait. Si cet exercice dangereux et cruel, d’après l'opinion d’un grand nombre de médecins, malgré Pantorité de Galien, ne peut être conseillé comme moyen hygiénique, il n’en est pas moins important pour nos Canadiens, ainsi que j'aurai occasion de le faire remarquer bientôt, sous un point de vue national, placés comme nous le sommes vis-àvis d’une autre population qui le tient fort en honneur e: le pratique encore davantage. La pancrace était composée de la lutte et du pugilat, et réunissait nécessairement les avantages et les dangers de l’un et de l’autre. Le jeu du disque consistait À lancer aussi loin que possible une masse de bois, de pierre ou de métal, de forme en général lenticulaire, ou simplement semblable à une portion de cylindre. Ce jeu r’entraînait aucun danger ; il développait les membres supérieurs, le thorax, les organes qu'il renferme et les muscles du tronc.
Les jeux de l’orchestrique ne firent jamais gémir l’humanité sur leurs résultats. (Composés de la danse et de ses nombreuses variétés ; du saut et de la sphéristique dans