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vitale pour tous ceux qui attachent quelque prix à la conservation de leur chef: je fais allusion à l'escrime, L’escrime non seulement double les forces et l’agilité, mais donne encore des attitudes nobles et gracieuses, de la fermeté, de Passurance, de Paplomb à celui qui s’y livre. Quelques philosophes, Locke entre autres, blâment cet exercice comme inspirant ordinairement un esprit querelleux. Il est possible sans doute d’en abuser comme du pugilat et de tant d’autres choses ; mais ce n’est pas une raison suffisante pour en négliger la pratique ; car s’il fallait proscrire l’usage de tout ce dont l’homme peut faire un mauvais emploi ici-bas, avouons que cet être appelé intelligent et raisonnable serait bien vite réduit à une existence purement négative, puisque l'expérience de tous les jours démontre que l’homme abuse de tout, même des choses les plus saintes et les plus sacrées.
L’escrime pour notre jeunesse instruite, surtout l’exercice du sabre fbroad sword), est devenue d’une indispensable nécessité depuis que le puissant argument du bâton, étranger jusqu'ici à nos habitudes, et de récente importation, semble destiné à régler toutes les questions. Sans quelques connaissances dans le maniement du sabre, personne maintenant, en Canada, ne peut considérer sa tête en parfaite sûreté. Cependant, pour celui qui aura eu l'avantage de prendre un certain nombre de leçons dans ce genre d’escrime, il en sera tout autrement ; le terrible shillehah n’aura plus rien de redoutable pour lui, il pourra marcher tête levée, ayant la conscience de sa force et de son habileté à repousser toute espèce d’attaques à coups de bâtons. En effet, il est impossible de concevoir, pour celui qui n’est point initié aux secrets de Part, la facilité avec laquelle un tour de poignet à droite ou à gauche, écarte de sa tangente un coup dirigé sur la tête et de force à assommer un bœuf, Avec un peu d'exercice dans le genre que je recommande, un homme d’une force ordinaire, armé d’un bon bâton, pourra toujours se faire jour, même au milieu d’une haie de shillehahs. Ces
faits méritent bien toute attention de la génération croissante; mais en sème temps elle doit se rappeler qu’il est une obligation morale et religieuse qui lui impose d’être paisible dans toutes les circonstances où elle se trouvera placée ; elle doit souffrir, endurer les provocations, les menaces et les insultes ; mais si on l’attaque, alors qu’elle se trouve dans le droit d’une légitime défense, elle doit faire preuve qu’elle a la volonté et la capacité de se protéger et de se faire respecter. Il doit être permis aux descendants des premiers colons, des hommes qui introduisirent la civilisation dans les vastes solitudes de ce nouveau monde, de faire tout ce qui peut dépendre d’eux pour se montrer partout les égaux de ceux qui, nés hors du pays, viennent y chercher une nouvelle patrie. Le Canada est assez grand pour que chacun y vive sur un pied d’égalité parfaite, sans qu’il soit nécessaire qu'une caste ou une origine domine sur l’autre. Et si le Canadien, mu par une louable émulation, croit devoir rivaliser en bons procédés, en industrie et en intelligense avec ses nouveaux co-sujets, il doit faire en sorte de ne jamais paraître en seconde ligne lorsqu’il s’agira de faire preuve d’agilité, de force et de courage ; car jamais il ne permettra qu'on le flétrisse de lPempreinte du sceau de Vinfériorité. Ainsi, si des circonstances impérieuses exigent que la société songe aux moyens de développer les forces physiques de la jeunesse, nos grandes villes sont assez populeuses pour fournir des élèves, et les cheis de famille assez aisés pour subvenir aux dépenses d’un bon gymnase. Cependant, pour qu'une institution aussi utile soit en état de se soutenir, il ne faut pas l’abandonner aux caprices du hasard et de la fortune, la faire dépendre du plus ou moins de zèle des habitants d’une ville :. le gouvernement devrait l’encourager et contribuer à son maintien, ou à défaut du gouvernement, il faudrait la placer sous le contrôle de Pautorité municipale qui serait responsable de sa mise en opération et de sa bonne tenue.
Dans le moment actuel, tous les peuples placés à la tête de la civilisation, sortis de l’état de torpeur dans lequel ils sont demeurés si longtemps relativement à la nécessité des exercices du corps, semblent d’un commun accord donner une attention toute particulière à cet important sujet, des gymnases s'étant élevés depuis quelques années comme par enchantement dans les principales villes de l'Allemagne, de PAngleterre, de la France et des Etats-Unis, la plupart sous la surveillance de l’autorité publique et aux frais des gouvernements respectifs de ces états. Un journal de Paris : “ La Semaine,” feuilleton du 12 de décembre dernier, placé entre nos mains par l’obligeance d’un ami, publie sous le titre # De l’enseignement de la gymnastique,” qu’il est pris des mesures pour introduire cette branche de l’éducation dans les écoles d'instruction primaire pour la ville de Paris. L'écrivain dans son article fait voir les avantages que plusieurs nations du continent de l’Europe ont déjà retiré de l'introduction de la gymnastique dans les écoles et les colléges, et termine par des réflexions si analogues à nos propres vues que nous croyons devoir les rapporter textuellement: ‘La gymnastique a été introduite, à titre d’essai, dans une des écoles communales de Bruxelles, et les ‘ résultats qu’elle y a produits ont été tellement satisfai- “ sants, qu’au mois d'août dernier le collége des bourg- “# mestres et des échevins de cette ville a décidé qu’à partir ‘ du printemps prochain l’enseignement en serait généralisé # dans tous les établissements placés sous son influence. ‘ C’est en effet dans les villes surtout que sa nécessité nous paraît flagrante. Les enfants de la campagne ont de l'air et de l’espace, mille occasions d’exercer leurs ‘ membres, de mettre en jeu leurs facultés physiques. ‘ Tout cela manque à la jeunesse dont l’essor est resserré ‘ entre les quatre murs d’une pension, d’un collége ou dans ‘€ Pétroite enceinte d’une cité populeuse. Que l’on songe “à y suppléer, voilà ce qui, indépendamment de lutilité # de Ia chose en elle-même et pour toutes les localités, nous