LE SOMMEIL
Dormez, petit enfant, votre prière est dite :
Elle est aussi suave et douce que le miel !
Et Dieu, lui qui l'entend quand l'enfant la récite, Dieu vous attend au ciel! .
JÀ-haut, au ciel, où sont les petits anges,
Pour chanter et bénir ton bon Jésus, enfant,
Pour soupirer toujours des accents de louanges Et l'aimer constamment ! .
Quand pour jamais, petit, tu quitteras la terre
Pour chanter, dans le ciel, de célestes chansons,
Quand tu ne prieras plus aux genoux de ta mère, Dieu ! que nous pleurerons !.
Mais tu prîras alors pour toute la famille,
Pour ton père et pour moi, ta mère, qui t'endort !
Avec ta sœur au ciel. . . elle était grande fille Quand la surprit la mort! .
—Je t'aime tant, maman, crains-tu donc que je meure ?
Je vivrai pour te voir et pour t'aimer encor !.
Je gémis bien longtemps, et puis enfin je pleure Quand tu crains pour Lindor!.
—Ta fièvre est moins brûlante, innocent petit ange,
De ta pauvre maman Jésus aura pitié! .
Mon bonheur désormais sera pur, sans mélange . Dieu ! rends-lui la santé !.
Demain tu seras mieux et tu suivraston père, Pour cueillir dans les champs les plus fraîches des fleurs : Repose donc en paix sur le sein de ta mère,
Qui va finir ses pleurs ! .
—Mais avant de dormir, je veux que tu te places
A côté de Lindor, pour calmer ses tourments ! .
Je veux aussi, maman, je veux que tu m'embrasses, Car, quand je dormirai, ce sera pour longtemps.
J. G. BARTHE
Ts :
ARTHE
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