‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 101 sur 203 · L'ÉVÊQUE DE NANCY · texte numérisé non relu

L'ÉVÊQUE DE NANCY

profond dans vos esprits ; de cet homme qui n’a fait que à | À. 1 (1) Charles Auguste Forbin-Janson, évêque de Nancy et de Toul, . de | k qui visita le Canada en 1841, est mort près de Marseille le 11 juillet | qu

passer parmi nous, mais dont le passage a été marqué par des traces profondes. Encore si nous venions vous parler de quelqu'un que vous n'auriez pas entendu et qui ne serait pas si grand dans vos esprits et dans vos cœurs ; encore si nous avions devant nous le texte pur et simple de ses éloquents discours pour nous appuyer et pour marcher dans ce dédale où nous nous sommes engagé, peut-être pourrions-nous nous rassurer. Mais où sont maintenant ces traits énergiques et sublimes, ces pensées vigoureuses, ces comparaisons si belles, si grandes, si nobles, si justes, si lumineuses, qui portaient tour à tour la conviction dans les âmes et l’effroi dans les cœurs ? Où sont-elles ces paroles de feu? où sont ces puissants accents de génie ? où est toute cette magnifique et majestueuse éloquence? Tout s’est évanoui, tout a passé devant nous comme le souvenir rapide du voyageur qui ne se rappelle que confusément les lieux qu'il a parcourus et les émotions qu’il a éprouvées. Pendant que nous nous efforcions de retenir ce torrent impétueux et que nous le pressions dans notre esprit, il s'échappait par d’autres endroits avec plus de force et plus de rapidité, et tout confus de chagrin, nous laissions tout aller pour nous livrer comme les autres au courant de ce fleuve majestueux. Mais cependant il nous est resté quelques gouttes d’une eau si pure, nous avons pu nous baisser pour nous abreuver en passant aux sources d’une si belle éloquence. Si quelquefois la pente de ce fleuve est moins rapide, si sa marche est plus lente et plus paisible, jamais du moins elle n’est troublée par des matières étrangères, jamais l'horizon de ce beau ciel n’est couvert de nuages et de brouillards épais, et, s’il faut le dire, jamais l’éloquence de ce grand homme n’est obscurcie par les trivialités choquantes que l’on rencontre dans les ironies amères du père Honoré, et même dans les figures terribles et sublimes de Bridaine.

Mais s’il n’a pas les défauts de ces hommes illustres, il a toutes leurs beautés ; comme eux, il a puisé aux sources

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