L'HISTOIRE MODERNE
Reporter sa pensée vers les Âges antiques, et la ramener à la suite des générations qui ont passé sur la terre ; voir dérouler à ses yeux le spectacle des événements qui en scènes successives forment le drame du monde; vivre en idée avec les hommes célèbres de tous les temps, admirant leurs vertus ou détestant leurs crimes ; assister à la formation des empires, en suivre les développements : entendre, pour ainsi dire, les secousses qui ont fini par les faire tomber en ruines, voilà ce que fait celui qui livre son esprit à l'étude de cette science qui raconte les événements passés, c’est-à-dire, à l'étude de l’histoire.
Source de connaïissances aussi instructives qu’'agréables, base nécessaire de toutes les sciences sociales, leçon vivante de préceptes et d’enseignements salutaires, voix du passé qui parle à l'avenir, matière féconde offerte aux observations du philosophe, aux travaux du littérateur, aliment de la science et de l’art, l’histoire est une partie essentielle de la haute éducation. Sans elle, il n’y a point d'homme instruit. Quiconque ne connaît pas le
(1) M. Jeaumenne, qui était Français, travailla pendant quelques années pour différents journaux à Montréal, puis il retourna à Paris, où il mourut.
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passé, doit comprendre peu le présent et ne rien voir dans l'avenir. L'histoire jette partout une lumière, éclaire tous les domaines de la science, et se reflète sur les divers ordres des connaissances humaines.
Une étude aussi importante devait entrer parmi les objets de nos travaux. Aussi chacune de nos années scolastiques nous présente quelques parties de l’histoire. C'est d’abord l'histoire sacrée, puis successivement l’histoire ancienne, l’histoire de Rome, celle de notre propre pays, et celle des nations célèbres auxquelles nous tenons par des liens d’origine ou d'association politique, c’est-à-dire, l’histoire de France et d'Angleterre, auxquelles viennent se mêler tous les grands faits de l'histoire moderne.
Mais l'étude de l’histoire n’est pas la simple connaissance des événements. Elle doit faire connaître le principe qui les a conduits, l'effet qui en est résulté. Aussi ne convient-il pas, lorsqu'on a parcouru les annales des siècles divers, de se demander quelle a pu être la raison des faits accomplis. À parler vrai, les faits ne sont que les formes extérieures d’un grand ensemble d'idées. Il faut savoir distinguer la pensée qu’ils expriment. L'histoire, sous le point de vue philosophique et social, doit dérouler les effets des lois qu'avait à subir l'humanité dans son passage sur la terre. Elle doit être l'expression de la pensée de la Providence. On a droit de lui demander qu’elle manifeste particulièrement les desseins du régulateur suprême dans les grands événements, les révolutions sociales.
A quel but marchent les faits? Cette question, celui qui étudie la société doit la poser, et tâcher de la résoudre.
Qu'il nous soit donc permis, à nous qui, dans le cours de nos études, avons parcouru les annales des nations, de. passer dans une revue rapide les faits saillants de l’histoire moderne, en examinant quelle a pu être la raison de leur accomplissement sous le point de vue providentiel. Ainsi considérée, l’histoire devra nécessairement se
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