‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 118 sur 203 · J. S RAYMOND · texte numérisé non relu

J. S RAYMOND

rattacher à la religion, et même elle n’est explicable que par elle. Si elle n'indique pas la pensée dernière, telle que la révélation nous aide par ses lumières à la connaître, alors elle n’est qu'un ensemble de faits qui paraissent sans cause, c’est une suite de phénomènes sans explication possible, c’est une lettre morte, c'est un hiéroglyphe dont la signification est ignorée.

Après avoir prêché l'Évangile, Jésus-Christ laisse sa croix sur la terre. C’est l'étendard sous lequel le monde doit marcher à la civilisation. Il y aura plus ou moins de bonheur pour la société, suivant qu'on suivra de plus ou moins près ce drapeau : les transformations sociales, les grandes commotions politiques n’arriveront que pour faire avancer l'humanité dans les voies du progrès sous les auspices de la religion ; l’étendard sacré ne paraîtra s’incliner quelquefois, au milieu des luttes, que pour se relever plus glorieux et dominer les peuples de sa salutaire influence.

Voilà la pensée de la Providence, telle que les faits semblent nous l’avoir manifestée.

Donnons-nous quelques instants le spectacle du monde.

A l'avènement du Christ, Rome régnait sur l'univers. Les nations formaient une grande unité politique. C'était afin que l'Évangile pût se publier avec moins d'obstacles. Aussi l'établissement de la religion se fit-il avec la rapidité la plus étonnante.

Cependant la ville maîtresse du monde avait dès lors répudié la liberté pour se livrer au despotisme impérial. Ce peuple, si fier de son indépendance, était devenu le jouet des caprices sanguinaires de tyrans cruels ou imbéciles. L'orgueil des nations comme celui des individus est toujours puni par une humiliation honteuse. D'une autre part, une immense dépravation de mœurs avait infecté la société romaine : elle tombait pourrissant de corruption. Un pêcheur, envoyé par le fils du charpentier mis à mort à Jérusalem, vient s'établir au centre de l'empire pour le régénérer. Néron déclare la guerre à la doctrine nouvelle.

l'HTIM h|

CA

Page 1