LA CAMPAGNE AU PRINTEMPS
Cette scène d'amour que le printemps déploie,
Cet oiseau qui roucoule, enivré de sa joie,
Ces troupeaux bondissanis qui paissent dans les prés, L’'herbe qui reverdit dans ces champs émaillés,
Ces fleurs et ces bourgeons, ces doux présents de Flore, Ces rayons de Phébus, ces reflets de l'aurore,
Ce calme azur du ciel, ce crépuscule en feux,
Cet horizon doré qui dérobe les cieux,
Cet harmonique accent de toute la nature
Qui dresse vers le ciel un temple de verdure,
Ces suaves zéphirs arrivant des vallons,
Ce baume des bosquets, ces agrestes chansons,
Ce parfum de bonheur qui sort de chaque rose,
Ce calice épanché de la fleur fraîche éclose,
Ce solitaire bois où soupire un moineau
Près d’une tourterelle, en sa langue d’oiseau,
Ce royaume innocent est fait pour le poète !
Ce séjour de bonheur doit être sa retraite !
Ah ! l’âme en solitude, au sein de cette paix,
L'être béni de Dieu qui savoure à longs traits | Le frais de la campagne et cette calme vie, Et trouve à confier son âme à quelque amie, | Sait-il qu’il doit au ciel son plus riche trésor ? | Quel besoin a son cœur, que lui faut-il encor? . . . | | gain
Quand chaque jour ressemble à la perle d’eau vive, Que ce soit sur la terre ou bien là-haut qu’on vive, | Qu'importe que plus tard on prenne son essor ? | Lo Le torrent de la vie est comme un fleuve d’or! 4 Blasphémé-je, Ô mon Dieu, ton éternelle ivresse, ITCLAIR: L’ai-je mise en balance avec notre allégresse ? Ai-je donc profané le temple de mon cœur, Ai-je monté ma lyre en faux adorateur ?
Mes doigts ont-ils vibré sur une corde impie, T’ai-je pu renier un instant de ma vieP?,. .. C’est toi que j’adorais sur l’autel de gazon, Dans ton œuvre cherchant de toi-même un rayon,
Je voulais te chanter dans la langue des hommes, IC É
Me souvenir de toi dans l’exil où nous sommes. 1 té AI] Quand je rêve ici-bas, j'aime à rêver à toi.