ToME II
Oh ! quel espace immense entre le ciel et moi! Dans les champs je cherchais un autre sanctuaire. J.es oiseaux m'’invitaient au temple solitaire, j'allais unir ma voix à ces si purs concerts,
Offrir un autre accent au Dieu de l'univers,
Joindre une voix de plus à cet immense hommage ! J'aime à perdre mes pas dans l’ombre d’un bocage, A m'abriter en paix sous les feuillages verts
Après qu'a disparu la nappe des hivers.
Quand le printemps revient enbaumer la campagne, Que je vois sur l’herbette, au pied d’une montagne, Bondir joyeusement les timides agneaux,
Le peuple ailé voler au faîte des ormeaux,
Et l’innocent berger reprendre sa houlette,
Je viens à son hautbois marier ma musette,
Et dans la paix des champs noyer tous mes soucis. Ce berger, ces troupeaux sont mes plus doux amis! Mon Gresset à la main j’épuise ses idylles,
Je brise de mon mieux avec le bruit des villes : J'adore les neuf sœurs dans uu culte d'amour, . , Mais qu'’ai-je à faire, amis, de rêver un séjour !
J. G. BARTHE