SCÈNE XXI
LES PRÉCÉDENTS, AUGUSTE et NICODÈME (exfrant par la droite, et demeurant à l'entrée de la scène, sans étre vus par Bellire).
NICODÈME.—Monsieur, voici, . .
DELORVAL (/ui faisant signe de se taire).—Ah ! te voilà, Nicodème . . . c’est bien. . . attends un peu. (4 V’illomont.) Où en étais-tu, Villomont ? Fais-moi donc le plaisir de relire les derniers mots.
VILLOMONT (/sant) . . . Fait donation entre vifs, pure, simple et irrévocable, en la meilleure forme que donation puisse se faire, à. . . (4 Bellire.) Votre nom de baptême, monsieur Bellire ?
BELLIRE.—Alexandre, monsieur.
DELORVAL.—Comment as-tu dit? simple et irrévocable? . ..
VILLOMONT.—Corbleu ! je m'explique pourtant assez clairement . . . Voyons, je vais recommencer . . . (Z/ lit.) a, par ces présentes, fait donation entre vifs, pure, simple et irrévocable, en la meilleure forme que donation puisse se faire, à . . .?
DELORVAL (d'une voix forte et distincte).— Auguste Richard et Caroline Delorval, son épouse ! . . (Caroline et Bellire se lèvent de surprise, et Bellire en éprouv: xr:e double quand en se détournant, il aperçoit Auguste derrière lui. Delorval continue). Mais qu’as-tu donc, mon cher Bellire, hein ? (Susette et Nicodème s'entretiennent au fond de la scène, et quand Delorval dit : ‘Auguste Richard et Caroline Delorval, son épouse,’ elle se frappe dans les mains.)
Lu
302 LH RÉPERTOIRE NATIONAI,
BELLIRE.—C'en est assez : je vois que tout cela est concerté , . , j'ai quelque ennemi secret.
DELORVAL (se levant), — Tiens, Bellire (montrant l'écran), le voilà ton ennemi : l'écran. Je t'aviserais de ne jamais parler haut, où il y a un écran, car tes intrigues ne réussiront jamais. C'est là (w#ont/rant l'écrar Susette m'a fait entrer quasi de force ; . . , elle mn , a, pour ainsi dire, jeté, et sans que toi ni ton ami aient pu me voir, car il y a une porte par laquelle on peut s'y introduire, C’est là que j'ai pu entendre, en étouffant, le misérable complot de toi et de ton ami; c'est là que j'ai pu entendre les mots : ‘Il faut savoir s'y prendre , l'épithète de vieillard, il la hait comme tous les diables’” , . . C'est là que j'ai appris qu'il était bon de conserver les lettres, afin que les signatures servissent dans l’occasion . . . Enfin c’est malheureusement là que j'ai appris à connaître les hommes, et cette expérience, je voudrais ne l'avoir jamais eue. , . Ah! Bellire . . . Mais non, tu ne mérites pas un mot, r e de reproche. Je vous conseillerais seulement, à toi ton monstre d'ami, d'aller voir les Vankées, pour me servir de l'expression de ce dernier . . . et cela au plus tôt.
BELLIRE. — Ah! monsieur, est-ce 1à la récompense qui m'était réservée pour tout l'intérêt que me suggérait mon amitié pour vous ? Est-ce là ce que vous appelez de la reconnaissance ?
DELORVAL.—Hors de ma vue . . Il est de mon devoir d'informer la justice, et je vais le faire immédiatement.
BELLIRE (avec dépit).—Allez, monsieur, l’innocence ne craint rien. Je vous recommanderai seulement, à mon tour, de soigner un peu plus vos expressions, sinon une bonne action en diffamation de caractère pourrait vous rendre encore plus vieux que vous n'êtes.
DELORVAL.—Insolent ! . . . tuoses. . . (//s’avance vers Bellire qui sort.)
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