‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 168 sur 203 · STANCES POLITIQUES · texte numérisé non relu

STANCES POLITIQUES

Je voudrais, moi, qu’au foyer domestique Plaisir constant égayât nos hivers,

Et comme au temps de l’âge d’or antique, Banuît des cœurs trouble et chagrin amers ; Que du poète à sa muse fidèle

Souffle divin ressuscitât la voix ;

Et qu’Albion cessant d’être cruelle,

Fît oublier les beaux jours d’autrefois.

Mais je ne puis célébrer sur ma lyre

La liberté descendue au cercueil,

Si nulle joie excitant mon délire,

N'épanouit vos fronts couverts de deuil.

Thompson, hélas ! est l’auteur de vos larmes ! Pardonnez-lui : quel acte est aussi beau ?

Son nom seul reste ; et pourquoi les alarmes Quand pour domaine il n’a que le tombeau ?

Trop tard sans doute il a quitté ce monde, Le pote:tat si fier de nous punir!

Noble héros de vertu sans seconde,

Il n’a laissé qu’un hideux souvenir.

Ah ! gardez bien qu'une inutile plainte N'aille flétrir l'ombre du chevalier !

Paix à sa tombe ! et redisons sans crainte :

Le mépris seul est son digne laurier !

Bien général est trompeuse chimère Quand le pouvoir n’est fort que de soldats.

On nous l’a dit : Vous n’avez plus de mère :

Aux mains de Dieu le sort des Canadas !

Et maintenant nul espoir ne nous berce EU | (Peut-être, hélas ! longtemps faut-il souffrir !) : dif bfh Droits méconnus, justice à la renverse, || Li Dans le présent nous montrent l’avenir. | Bientôt enfin doit anoblir la scène

Un envoyé uni de haut pouvoir ;

Il a touché la rive américaine ;

Déjà les cœurs ont tressailli d'espoir.

Lui, faisant trève à des projets infâmes,

De l'équité tracera le chemin ;

Et son empire établi sur les âmes,

Pour être aimé, sera le plus humain.

Et c’est ainsi qu’on encense une idole, Pal Sans dissiper la commune terreur. GALL Ah ! renoncez à cet espoir frivole,

Car l'espoir même est souvent une erreur !

Si, tôt ou tard, justice enfin s’éveille

Et vient encore habiter ces climats,

Croyez alors, et chantez la merveille ;

Mais vainement ne la prédisez pas !

Soyons, amis, oublieux de l’outrage :

Gais passe-temps peuvent charmer nos jours ; 17 Que notre bien soit notre unique ouvrage, Si l'étranger le refuse toujours.

Ou fortunés, ou loin de l’opulence, Chômons en paix, rions même des forts, Laissant le maître opprimer en silence, Et les soucis régner sur d’autres bords.

F. M. DEROME

ORAISON DOMINICALX

O Père tout-puissant qui règnes dans les cieux, Toi seul es éternel, rien n’est grand à tes yeux ; Tout est immense en toi, devant toi tout s'efface, Ta parole féconde a semé dans l’espace

Ces mondes, ces soleils qui, dans leur vaste cours, Dispensent aux mortels et les nuits et les jours.

Que ton nom toujours saint retentisse en tous lieux, Que ton nom toujours saint soit l’objet de nos vœux ; O peuples que sa voix dispersa sur la terre,

Chantez, chantez le Dieu qui commande au tonnerre ; Qu'on chante Jéhovah, de l'aurore au couchant, Qu'on chante Jéhovah, du couchant au levant.

De ton règne sur nous établis la douceur, Avec lui fleuriront la paix et le bonheur ;

Le Seigneur va venir, que la terre applaudisse, 11 va faire sur nous descendre sa justice ;

Le Seigneur va venir, adorons le Seigneur, Que toujours sa justice habite en notre cœur,

Tu dis : le ciel tremblant a reconnu son Roi,

Et les anges, là-haut, s’abîiment devant toi;

Qu'ainsi ta volonté sur la terre s’accomplisse,

Que toute créature ici-bas t’obéisse,

Pour qu’elle chante un jour, dans un divin transport, De respect et d'amour un éternel accord.

Ta paternelle main protège tes enfants,

La manne du désert nourrit leurs faibles ans,

Et ton Christ, chaque jour, immortelle victime,

Du cœur qui vit aux cieux soutient l'essor sublime ; Qu'ainsi mon âme, Ô Dieu ! s'envole dans ta paix, Et qu’au sein d'Abraham elle vive à jamais !

Aux hommes de Cédar mon cœur a pardonné, Et ma bouche a béni leur trait empoisonné ; J'ai dit : que le soleil épargne leurs ombrages,

D ort,

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