PAUVRE SOLDAT ! QU'IL DOIT SOUFFRIR
Lugubrement déjà le canon gronde, Le fer se choque et, sous un noir manteau, La mort accourt, voltige furibonde :
Plus d’un guerrier voit déjà le tombeau.
Vois-tu là-bas cette pâle figure ?
Comme son sang a rougi la verdure! , .
Dars un instant il va mourir, Celui qui chérissait la vie ; Il ne verra plus sa patrie!
Pauvre soldat ! qu’il doit souffrir !
Pas un regard, pas un mot de tendresse Vient adoucir l’angoisse du mourant ;
(1) M. Louis Auguste Olivier, fils d’un officier qui servit durant la guerre de 1812, naquit à Berthier (en haut) en 1816. Admis au barreau en 1839, il fut créé conseil de la reine en 1864. Il réprésenta la division de Lanaudière au conseil législatif depuis 1863 jusqu’à la confédération (1867), où il fut appelé au sénat. En 1873, il fut nommé juge de ia cour supérieure. M. Olivier s’est occupé beaucoup de littérature et on lui doit plusieurs poésies remarquables, 11 mourut à Joliette le 18 septembre 1881.
Pas une main, un ami de jeunesse Vient ranimer son être délirant.
Seul au milie:: du deuil et du carnage, Il n’a pas même une larme en partage.
Oh ! si sa mère voyait finir Un fils qu’elle aime, qu’elle adore! .
Elle espère le voir encore .
Pauvre soldat ! qu’il doit souffrir !
I1 se souvient qu’une épouse chérie A son départ voulut cacher des pleurs ; Il vit pleurer sa petite Marie !
Que ne peut-il soulager leurs douleurs !
La mort pour lui ne serait plus amère, S'il revoyait son épouse, sa mère .
Mais aucun ne l'entend gémir, Aucun ne sait ce qu’il endure, Il est tout seul dans la nature.
Pauvre soldat ! qu’il doit souffrir !
P. PETITCLAIR.