‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 190 sur 203 · VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VÉRITÉ

Près du vieux chêne assis, sur la montagne sombre,

Voyageur, je contemple un spectacle chingeant,

Le crépuscule noir disparaître avec l’ombre

Que semble devant lui chasser l’agile vent ;

Le sourcilleux diamant, empreint sur la couronne

Du monde, à la lunière a caché son éclat .

Mille fois heureux si, content des biens que donne

Dans sa sage bonté des cieux le potentat,

Saus cesse je pouvais sourire à ces merveilles

Que produisit d’un mot le fécond Créateur .

Mais un lugubre son a frappé mes oreilles,

De la commune loi le signe précurseur :

‘ Marche! marche ! jamais le bonheur au mortel ! ” Dit l'Éternel.

La nuit succède au jour, de la nuit naît l’aurore,

Maintenant le plaisir, demain le noir tombeau !

Et dans ce changement, l’homme toujours adore

Et flatte le bonheur dans un vague flambeau! .

Mon âme, tu souris au rayon d'espérance,

Trop douce illusion que couronne la fleur

Avant l’âge arrachée au berceau de l’enfance .

O torrent du plaisir ! fais couler dans mon cœur

Plongé dans l’infortune, une onde fortunée,

Sur tes bords bienfaisants naîtra le vert rameau ;

A l'autel j’offrirai la victime sacrée .

Vas-tu combler mes vœux? L'avenir est si beau .

‘“ L'avenir, ton bonheur . . . tout poussière ! ô mortel,'’ Dit l'Éternel,

J'ai fixé mes regards sur la verte campagne ;

Le soleil de ses feux jaunissait le guéret ;

Lançant son rouge char du haut de la montagne,

I1 dit à l’univers : ‘‘ Souris au beau bosquet ;

Adore ma lumière et toujours dans ma course

Tu verras mon amour, j'embellirai ton sein ;

Mon nom est proclamé par la limpide source ;

De tes champs, des moissons la vie est dans ma main . Salut, astre adoré ! tu ranimes mon être :

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