AUX EXILÉS POLITIQUES
Nous gîrons, assoupis sous le tombeau des âges, Avant que dans nos cœurs s’effacent vos images. Votre corps peut gémir sous l'empreinte des fers, Mais votre âme trop noble, en dédaignant les haines, S’agrandit et proclame, aux yeux de l'univers,
Que la liberté même existe dans les chaînes.
Amis, qu’il nous est doux de conserver l'espoir Qu'un jour, peut-être, un jour nous pourrons vous revoir ! Vous quittez vos foyers pour des rives lointaines : L’exil viendra souvent baigner vos yeux de pleurs, Infortunés ! songez, au milieu de vos peines,
Que plus d’un frère ici sentira vos douleurs.
Avant que le trépas, fermant votre paupière,
Vous fasse savourer l’éternelle lumière,
Pensez à vos parents, pensez à vos amis ;
RTHE,.
Pensez à votre sœur, pensez à votre frère ; Surtout, pensez souvent à votre cher pays :
Un fils, dans son exil, doit penser à son père ! Adieu! héros, adieu ! quand vous succomberez, Nous ne gémirons plus .
QE
CANTIQUE POUR L'ASCENSION Air :—/ourquoi me fuir ?
C’est vers le ciel que l'Homme-Dieu s'envole, Il va régner dans le séjour des saints !
Il vint sauver Sion par sa parole
Et racheter de son sang les humains.
Céleste cour de sublimes archanges,
C’est votre roi qui triomphe en ce jour, Répandez-vous en des chants de louanges, Unissons-nous pour bénir son amour !
Il a vaincu le trépas et le crime - Pour nous ouvrir l’heureuse éternité, I1 va quitter la montagne sublime, Exaltez, cieux! sa sainte humanité !
Jérusalem, cité sainte, éternelle,
Où Jésus-Christ trouve son trône d’or,
C’est dans ton sein que sa gloire immortelle Brillera mieux qu’au sommet du Thabor !
Triomphe, ciel ! sa sublime patrie !
Viens au-devant du céleste vainqueur ; Peuple angélique, exhale en harmonie L'amour sacré qui possède ton cœur.
Mais nous, hélas! devons-nous sur la terre Vivre longtemps exilés, orphelins ?
Consolons-nous, vivons dans la prière, L'esprit de Dieu prendra soin des humains !
car nous serons tombés !
ROMUAID CHERRIER,
J. G. BARTHE
1838 ÿ ÉLÉGIE