‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 34 sur 203 · LA PRIÈRE D’'UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE D’'UNE JEUNE FILLE

Sous la voûte d'azur où le saint flambeau luit,

Du temple enveloppé des ombres de la nuit,

Une âme chaque soir s’abrite et se retraite,

Une âme de colombe affligée inquiète, Gémit près de l'autel,

Près de l’autel où Dieu s’est érigé son trône, Son trône comme au ciel!

La cour des Chérubins est 1à qui l’environne, Là tremblent les humains,

L'œuvre et jouet de ses puissantes mains,

Et sur son sacré chef, éternelle couronne De ses rayons majestueux,

Abîme le mortel devant le Dieu qui tonne !

Monarque sur l'autel, il règne dans les cieux,

L’'entière éternité passe devant ses yeux !

Les saints, peuple du ciel, recueillent sa parole,

L'âme du juste aussi se nourrit de symbole En suppliant les cieux !

Dans ce sacré colloque, où l’homme pour son Dieu,

Peut, dans un saint silence, isolé dans ce lieu,

Soupirer ses regrets, son amoureuse flamme,

Remettre à son auteur la prière et son âme, Se loger dans son sein !

Calme majestueux qui parle le miracle !

Ce langage muet, l’amant du tabernacle L'entend. . c’est son destin !

Un soir (il faisait nuit), l'écho du sanctuaire Répétait de Cloris la brûlante prière.

Dans des larmes d'amour ses beaux yeux souriaient, Elle et les séraphins en même temps priaient :

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\iNGERS.

C'était comme la voix d’un ange qui murmure, C'était un pauvre cœur, une Âme sainte et pure, Un cœur tout virginal qui s'épanchait en Dieu, Qui voulait, pauvre enfant, dire à ce monde : adieu ! ‘__O Jésus ! mon époux, amant jaloux des vierges, “Soulage mon malheur !

‘ Donne à maman, mon Dieu ! du pain et du courage : ‘ Écarte de mon front le menaçant orage, ‘“ Donne-moi le bonheur .

‘“ Veille sur nous, Jésus ! pauvre et humble famille ! ‘ Exauce les soupirs d’un cœur de jeune fille ! ‘Mes jours ont été purs comme ceux d’un berger, ‘Je ne sais que gémir, t'aimer et t'adorer, ‘T'offrir avec mon cœur un trop juste martyre . ‘Mon cœur. . imaman le partage avec toi !

“ Dans le ciel, Ô mon Dieu, te souvenant de moi, ‘ Daigne placer Cloris avec sa sœur Elvire!.

La voix du sanctuaire était montée au ciel !

Avec la terre aussi Cloris quitta l'autel,

Pour chanter dans les cieux, la campagne des anges, Les hymnes de louanges, Et, quittant ici-bas,

Vivre l'éternité sans craindre le trépas ! .

J. G. BARTHE

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