STANCES
Sous un beau ciel, je pleure, je soupire ; Dans un air pur, à peine je respire .
LE RÉPERTOIRE NATIONAI
Ce ciel, cet air, ce n’est pas mon pays! .
La mer est calme et le soleil s’y mire, Moi, je suis calme et je sens que j’expire, Sur une terre où je n’ai pas d’amis!.
La nuit, le jour, pour moi tout est sans charmes, Tout me déplaît ; tout fait couler mes larmes! . Pourquoi des fleurs ? ce n’est pas là ma fleur. Un seul brin d'herbe, un brin d'herbe flétrie. S’il arrivait de ma chère patrie,
Pour moi serait un monde de bonheur !
Comme une fleur sur sa tige penchée,
Et que la mort de son doigt a touchée,
Je sens s’éteindre et ma vie et mon cœur.
Du nord au sud, alors qu’on la transplante, Vous la voyez mourir, la pauvre plante ; La nuit pour elle a perdu sa fraîcheur.
O vent léger qui chasses les nuages, Emporte-moi sur un de tes orages !
Emporte-moi comme un triste soupir! .
A mon désir que ton aile se ploie ;
O mon pays ! qu’un instant je te voie, Que je te voie, et je pourrai mourir.
LE RÉPERTOIRE NATIONAI, 119