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LÉ KÉPERTOIRE NATIONAL 167
Son œil était de feu, comme l'œil de ses pères ; Mais son orbe roulait avec plus de fureur !
Où guide-t-il ses pas? quelle rage l'anime ?
Le bronze de son front paraît étinceler !
Est-ce un sombre guerrier, ou bien une victime Qu'’aux mânes de son frère il brûle d’immoler ?
Il est 1à près du chêne : une hache sanglante Soutient ses larges bras l’un dans l’autre enlacés ; On dit qu’il se calma, que sa lèvre tremblante Laïissa même échapper ces mots qu'il a tracés :
‘ Chène de la grande colline, ‘“ Arbre chéri de mes aïeux, “ Écoute ! qu’à ma voix ton oreille s'incline, ‘Je suis venu te faire mes adieux !
‘“ Ils m'avaient dit : tes pieds ont perdu leur vitesse, ‘A quoi peuvent-ils te servir ?
‘Ta hache est 1à qui pleure et maudit ta vieillesse : ‘‘ Elle sent que tu vas mourir !
‘ Pourtant je te l’apporte : à mon heure ‘dernière, ‘ C’est le seul don que je puisse t’offrir !
‘ Je te la donne, à toi, mais fais que sa paupière ‘Ne m’aperçoive point mourir !
“ Si tu vois l’orignal au pied toujours rapide ‘“ Près de ton feuillage bondir,
‘ Dis, pour le consoler, qu’il marche moins timide, ‘ Parce que tu m'as vu mourir !
‘“ Quand de sa pesante masse ‘ Athaënzic aura broyé mes os, ‘‘ Pour te fertiliser j'ébranlerai ma nue, ‘ Qui te fera tomber ses eaux !
‘“ Chêne de la grande colline, ‘ Arbre chéri de mes aïeux, “ Écoute ! qu'à ma voix ton oreille s'incline, ‘Je suis venu te faire mes adieux ! ”?
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On dit qu'ayant chanté d’une voix bien sonore,
Le vieillard s'arrêta pour essuyer ses yeux,
Que ses larmes coulaient comme il en coule encore Quand on perd un bonheur qui n’a pu rendre heureux !
On dit même qu'après, sur la grande montagne, L'ombre du vieux guerrier apparut bien souvent, Qu'on entendit gémir, la nuit, au bruit du vent, Comme une voix de mort qu’une lyre accompagne !