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(x) Les Canadiens-Français du Haut-Canada se sont distingués récemment (1837) sous les ordres du colonel Prince.
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Sillonnés avec bruit par la foudre enflammée. Tout à coup de Beaujeu par le fer est atteint ; Une balle invisible a tranché son destin.
I1 chancelle et puis tombe avec bruit sur l’arène, La mort, la mort planait en tous lieux sur la plaine, Le brave Washington combattant en soldat, Avec quelques guerriers balance le combat.
Les fils du Saint-Laurent répandent le carnage ; L'intrépide Dumas anime leur courage.
La carabine au poing, dans sa bouillante ardeur, De Chambly comme lui combat avec valeur.
A la tête des siens il plonge en la mêlée ; La hache des combats à sa voix est levée :
Leurs tranchants meurtriers en cercle fendant l'air, S'élevaient, retombaient aussi prompts que l'éclair. La mort suivait leurs coups, quand rendant son épée D'une maïn défaillante et qu’un fer à frappée, Devant Chambly s'arrête un guerrier d'Albion, Pâle et le sang partout ruisselant sur son front. Un air noble mais doux animait sa figure ; Jeune, ses traits sont beaux ; sa blonde chevelure En boucles retombait sur son habit doré Que la poudre a noirci, la hache déchiré.
Guerrier, dit-il, reçois ces inutiles armes Que mon bras mutilé ne peut plus soutenir ; A ses décrets le ciel me force d’obéir.
Et l’on vit dans ses yeux paraître quelques larmes. Avec peine son cœur se soumettait au sort, Qui semblait lui ravir la gloire de la mort.
Brave guerrier, lui dit de Chambly, ton courage Méritait un sort plus heureux ;
Mais aux combats la fortune est volage, Nous saurons respecter un soldat valeureux.
I1 dit, quand près de 1à passe un Indien farouche : Ces mots, ces mots affreux s'’exhalent de sa bouche : Guerriers ! point de quartier, partout mort aux Anglais ! De sa hache le sang coulait à flots épais ; Au-dessus de son front longtemps il la balance, Et sur le prisonnier avec un cri la lance.
Pour détourner le coup Chambly lève son bras ; Dans l'air vint se choquer l'acier des tomahawks ; Mais celui de l’Indien rebondit vers la terre ; Dans le flanc de Chambly la hache meurtrière S’enfonce en mugissant : le guerrier, en tombant,
Exhale avec son âme un sourd gémissement.
Cependant le combat s'éloigne dans la plaine ;
Les morts et les mourants jonchent partout l'arène ; La victoire déjà couronnait les vainqueurs.
Braddock s'oppose en vain à leurs flots destructeurs : Chaque effort qu’il veut faire accroît encor l'abîme, Mais l'aspect de la mort et l’aigrit et l'anime.
Le fer l’atteint enfin. Ses soldats effrayés
Dans leur confusion sont partout foudroyés.
Ils fuyaient ; leur terreur dans la fuite s'augmente ; Ils vont semer au loin la mort et l’épouvante, Braddock enfin lui-même est obligé de fuir ;
Mais honteux il arrête, il veut aussi mourir ;
Son cœur altier ne peut survivre à sa défaite.
Il voit en expirant sa déroute complète,
Et dans ce jour sanglant Îles fils du Canada
Élever leurs drapeaux sur la Monongahla (1).
Le manoir était triste, et le vent de l'automne Frappait dans les vitraux plaintif et monotone.
La lampe vacillant au milieu du salon,
Jetait sur les lambris un blanchâtre rayon.
Louise veillait seule, et la tête penchée,
Ses regards s'arrêtaient sur la voûte étoilée
Que souvent lui cachaïît un nuage fuyant ;
Puis ensuite le ciel devenait plus brillant.
Le vent qui gémissait au milieu du silence
Dans son âme pensive entretient la souffrance,
De songes effrayants agite son esprit,
Fantômes fugitifs dont son cœur se nourrit. Pourquoi donc suis-je triste ? ah ! la vie est amère. Edouard !. . . non, nul bruit au chemin solitaire ! Qui sait s’il reviendra, s’il reverra jamais
Le toit qui l’a vu naître et nos bocages frais ?
Sa nef fendre les flots ? Les dangers, la misère
(1) Ou Monongahéla, rivière qui coulait à quelque distance du fort Duquesne, et qui a donné son nom à ce combat. Les auteurs anglais disent que ‘‘ la défaite de Braddock fut entière et le carnage affreux. La moitié des soldats et soixante-quatre officiers sur quatrevingt-cinq furent tués ou blessés. L'artillerie, les munitions de guerre, et même le portefeuille qui renfermait les instructions du général tombèrent entre les mains des Français, qui étaient, dit-on, au nombre d'environ trois cents.”
istance du es auteurs le carnage sur quatreinitions de uctions dit ent, dit-on,
Ont partout assiégé sa nouvelle carrière.
Peut-être, hélas ! la mort, sans cesse sur ses pas,
A moissonné ses jours au milieu des combats , . . Et ses yeux attendris se remplissaient de larmes, De noirs pressentiments augmentaient ses alarmes, Quand un soir un bruit sourd agite le coteau :
Un guerrier inconnu paraît dans le château.
Le cœur bat à Louise ; elle craint, elle espère : Édouard l'avait-il envoyé vers sa mère ? ,
Mais sa mère se tait, elle semble pâlir ;
Un mot qu’elle étouffa venait de la trahir.
Après avoir gardé quelque temps le silence,
Louise, lui dit-elle, on a tous sa souffrance,
Mais à la supporter on montre son grand cœur,
Et le courage est fait pour braver le malheur. C'était mon seul enfant ! Mais qu'as-tu donc, Louise, —O ciel ! je n’en puis plus ! ah! ma tête se brise, Édouard ! Édouard ! s'écrie avec douleur L'amante qui soudain tomba de sa hauteur.
Le château retentit. La mort sur son visage
Avait déjà jeté son éternel ombrage.
A ce spectacle ému, le guerrier valeureux
Sentait couler les pleurs qui tombaient de ses yeux. Hélas ! c’en était trop pour le cœur de la mère : Ses glas tintaient, le soir, au village en prière.
Et dans chaque chaumière, au pied d’une humble croix, Des échos pleins de pleurs répondaient à leur voix. Dert.is i’uu dit qu’on voit du haut de ces collines Louise errer la nuit au sein de ces ruines.
F. X. GARNEAU