‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 97 sur 203 · LE LENDEMAIN · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN

Un nouvel an pour la patrie heureuse Amène-t-il et repos et bonheur ?

Faut-il encor que ma muse joyeuse

Ose prédire un destin sans douleur ?

Des jours mauvais dois-je pleurer le nombre, Quand les plus beaux arrivent au déclin ; Ou bien chanter un avenir moins sombre, Pour chaque jour un meilleur lendemain ?

Non, le bonheur, ni les chants qu'il inspire, N'existe point où meurt la liberté :

De l’oppresseur il déserte l'empire ;

I1 vit aux lieux où règne l'équité.

La tyrannie, infestant nos rivages,

A tout courbé sous l'effort de sa main ;

Et le bonheur a fui vers d’autres plages! . . N'aura-t-il plus pour nous de lendemain ? .

Pourquoi l’encens à ce pouvoir impie

Qui foule aux pieds ses devoirs et nos droits, Enveloppant notre jeune patrie

Dans le réseau de ses iniques lois ?

Non, d'une ligue injurieuse, infâme, Laissons sévir le courroux inhumain ;

Et que chacun dise au fond de son âme :

Le peuple un jour aura son lendemain !

D'un pôle à l’autre étendant son domaine, L'Anglais jaloux convoite l'univers, Portant l'effroi du glaive qu’il promène Aux nations de vingt pays divers.

Sans nul remords il opprime ses frères, Ainsi qu'a fait le grand peuple romain ; Et, comme lui, centuplant nos misères,

I1 a bravé l'arrêt du lendemain.

Un fier baron, plein d’une étrange audace,

A dit de nous : ‘‘ En nos mains est leur sort :

‘“ Des Canadiens frappons l’ignoble race ;

| À qu 1

[TI we 4 k “pl

Lf ton Bul

F a etanlEenneermnner : L As À j e :

‘ Nous, les vainqueurs, nous vivrons de leur mort !” Noble Thomson ! ton erreur est profonde !

Qui t'a donné ce pouvoir souverain ?. .

C’est l'équité, non la haine, qui fonde,

Et la justice aura son lendemain !

Amis, longtemps de fatales années Ont obscurci notre horizon vermeil ; Viendront enfin de belles destinées, Un jour plus pur, un plus brillant soleil.

Un peuple bon, grandi dans la souffrance, Fort de ses droits, ne gémit pas en vain, Son âme s'ouvre à la douce espérance Qui lui présage un heureux lendemain.

F. M. DEROME

Page 1