‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 98 sur 203 · LE VIEUX CHÊNE · texte numérisé non relu

LE VIEUX CHÊNE

Naguère, sur les bords de l’onde murmurante,

Un vieux chêne élevait la tête dans les cieux ;

Et de ses rameaux verts l’ombre rafraîchissante

Protégeait l’humble fleur qui naissait en ces lieux.

Les zéphirs soupiraient le soir dans son feuillage

Argenté par la lune, et dont plus loin l’image

Ondoyait sur les flots roulant avec lenteur ;

Les oiseaux y dormaient la tête sous leur aile,

Comme, la nuit, sur l’eau repose la nacelle Immobile du pêcheur.

Des siècles à ses pieds reposait la poussière. Que d’orages affreux passèrent sur son front

Dans le cours varié de sa longue carrière ! #| Que de peuples tombés sans laisser même un nom ! \ Impassible témoin de leur vaste naufrage, is

Que j'aimais à prêter l'oreille à ton langage

Si plein de souvenirs des âges révolus.

Lui seul pouvait encore évoquer sous son ombre

L'image du passé, les fantômes sans nombre Des peuples qui n'étaient plus.

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