DEROME
Quand le vent gémissait dans ses branches massives,
Et qu'assis je tâchais de comprendre le sens
Vague et mystérieux de ses notes plaintives,
D'autrefois je croyais qu’il répétait les chants,
Et mes yeux sembiaient voir sortir de la poussière
Vingt peuples inconnus se poussant sur la terre
Comme des flots pressés qu’agite l’aquilon,
Et chacun sur le sol qu avaient conquis ses pères
Succomber à son tour sous les dards sanguinaires De quelqu’autre nation.
Les voilà, les voilà, comme de pâles ombres, Ces peuples, l'œil furtif, errant dans les forêts ; Aux volantes lueurs des feux sous les pins sombres, Scintille à leurs côtés la pointe des stylets. Ils ont le pas léger et le regard rapide ; Ils vivent du produit de leur flèche homicide ; La mort seule fournit à leur sanglant festin. Partout, d’un pôle à l’autre, un vaste cri de guerre Demande tous les jours du sang à cette terre
Qui leur a fermé son sein.
Silence ! entendez-vous monter leurs cris sauvages, Qui d’échos en échos se perdent dans les airs ? À l’entour des vaincus, dansant sous les feuillages, Jls font tous en cadence entrechoquer leurs fers. Les bûchers sont chargés de victimes humaines Dont le gémissement se mêle au bruit des chaînes ; Le sang ruisselle et teint le sol épouvanté.
O jour d’affreuse joie et de cruels supplices, Les feux vont inonder tes sanglants sacrifices
De leur terrible clarté.
l'est donc là l’Indien à l’œil noir et farouche, -ouvrant de ses guerriers les bords du Saint-Laurent ? De la cime des monts, où pend sa frêle couche,
I1 montre, plein d’orgueil, son enniîre puissant.
Le glaive, c’est sa loi, la seule q'ril connaisse,
Jamais devant mortel sa tête + : baisse;
Libre de tout frein et fier de sa liberté,
Ii dédaigne d'ouvrir le sol que son pied foule ; ire Jl va chercher sa proie où l’autre des jours roule [TA d Dans les flots de sa clarté. di il
Jadis un voyageur au pied d’urie colonne Assis, les yeux fixés sur des débris épars, Dans son rêve crut voir s'animer Babylone Et debout se dresser ses immenses remparts, Ainsi, je croyais voir, chêne, à ta voix superbe, Des barbares armés sortir de dessous l’herbe, Et nos bords se couvrir de profondes forêts ; Mais un cri retentit au loin dans les vallées ; L’'illusion tomba ; les moissons ondulées Seules couvraient les guérets.
Il ne restait que toi, dernier débris des âges Qui surnageais encor sur l'océan ‘“°s temps, Arbre majestueux, magnifiques feuillages Que les pères léguaient au respect des enfants, Il était encor là. De loin sa tête altière, Balançant lentement à la brise légère, Frappait à l'horizon les yeux des voyageurs ; Et le soleil caché derrière les montagnes, En colorait le faîte, au-dessus des campagnes, De ses dernières lueurs.
Souvent vensient, le soir, au frais dr crépuscule, Des amants à ses pieds s’asseoir sur le gazon ; Et leurs voix se mêlaient au doux bruit que module La vague en expirant sous les pieds du buisson.
Ils voyaient dans les cieux couverts de sombres voiles, A travers les rameaux s’allumer les étoiles,
Qui se réfléchissaient dans le cristal des eaux ;
Tandis que le hameau réuni sur la rive
Abandonnaïit sa joie à l’aile fugitive
Et folâtre des échos.
Le vieillard, pensif lui, reportait sa mémoire Sur d’autres jours depuis bien longtemps écoulés.
A leurs fils attentifs il racontait l’histoire p De ses anciens amis par le temps emportés h LÀ, disait-il, aussi j'étais bien jeune encor:, tr J'ai vu nos fiers aïeux, un jour avant l’aurore, ; Partir subitement à l’appel du tambour. sl O plaines d'Abraham ! victaire signalée (1) ! pt
Ah! pour combien d’entr'eux cette grande journée N'eut point, hélas! de retour!
(1) Seconde bataille d'Abraham, gagnée par les Français, le 28 avril 1760.
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C'est une tâche bien pénible que celle que nous entreprenons, puisque nous venons vous entretenir d’un homme que vous avez entendu vous-mêmes, qui vous a ape transportés d’étonnement et d’admiration, qui a remué Li) tbe al si puissamment vos cœurs, qui a laissé un souvenir si tal ti
1844. Ce zélé apôtre de l'Evangile donna une preuve éclatante de l'intérêt qu’il portait aux Canadiens-Français en faisant un don de HI ME vingt-quatre mille francs au fonds que l’on créa pour rappeler dans dy leur patrie les exilés du Canada à Van Diemen’s Land. 14