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Il faut ensuite choisir des alevins sams et vigoureux : sains car l’introduction de poissons malades risque de contaminer toute la rivière, vigoureux, € ’est-à-dire n'ayant. “pas souffert de faim. Or, un alevin de deux mois mange 1/10° de gramme de pulpe de rate par jour. C’est peu ! Mais lorsqu'un pisciculteur doit nourrir 500.000 sujets il lui faut se procurer quotidiennement 50 kilogrammes de : pulpe. Certes les: poissons sont des « acrobates de la faim » et ne semblent nullement souffrir de la sous-alimentation. Mais les alevins mal nourris sont des anémiés, des déficients organiques, qui ne supportent pas le choc imposé par le déversement dans la rivière.
Conclusion pratique : Un bon alevin coûte cher.
Quand, où et comment immergerons-nous nos alevins ? Un déversement judicieux ne peut s’effectuer qu’après la saison des crues. Dans les rivières de plaine du type chalkstream, on peut opérer dès février-mars; en montagne mieux vaut attendre le mois de mai. Le moment le plus favorable est le soir; un temps couvert et frais est préférable au grand soleil.
Lés alevins seront dispersés au maximum, ceci pour deux raisons :
— D'une part, nos jeunes truitelles, du fait de leur existence en bassin, ont pris l’habitude de vivre groupées et ces Bancs de petits poissons, vite repérés par les truites adultes, les martins-pêcheurs et les merles d’eau, seraient rapidement décimés,
LMRAGIES
— D'autre part, les alevins groupés se nuisent mutuellement en exploitant de façon trop irrégulière la capacité nutritive de la rivière.
On admet généralement que la meilleure méthode. consiste à effectuer le déversement dans les petits ruisseaux et non dans le lit principal; c’est l'idéal, car la vrosse truite y est rare, les abris nombreux, la nourriture : copieuse et l’aération de l’eau maxima. On peut aussi immerger dans la rivière même; dans ce cas le choix des lieux d'immersion s’inspirera des considérations suivantes :
—— Eloigner les alevins des repaires des grosses truites.
— Eloigner les alevins des villages et des moulins 0 où divaguent oies et canards.
— Ne pas déverser les alevins dans un courant trop vif.
, — Choisir des endroits peu profonds (50 à 60 cm.) avec des bancs d’herbes fournissant aux alevins nourriture et abri.
— Donner la préférence aux berges ombragées.
— Si le fond est trop uni il est bon d’y jeter avant l’immersion quelques grosses pierres qui serviront d’abri.
Tout cela, on le voit, est simple, et la détermination des endroits favorables ne demande. qu’un peu d’observation et de jugement.
Alevins et lieux d'immersion ayant été choisis, il nous faut envisager le transport de la pisciculture à la rivière et la technique du déversement proprement dit.
Le transport s'opère habituellement dans des bi-