ETUDE CRITIQUE DE LA PISCICULTURE NATURELLE DE LA TRUITE
BUT ET MOYENS DE LA PISCICULTURE NATURELLE re j .
« L'activité de deux ou trois frayè- « res bien protégées suffit souvent, « malgré le déchet annuel, à assurer, « et au-delà, le peuplement annuei « d’une petite rivière. »
(Prof. LÉGER.)
La pisciculture naturelle se propose de favoriser la reproduction des poissons :
— En protégeant les frayères naturelles.
—— En créant des frayères artificielles.
— En établissant des réserves.
— En aménageant la rivière.
Examinons successivement ces différents points.
Protection et aménagement des frayères naturelles.
La truite, avons-nous dit, pond ses œufs sur les fonds de gravier des ruisseaux à eau peu profonde, fraîche et aérée.
Si le courant se montre trop vif, il y a lieu de le briser en disposant un bâtardeau en amont de la frayère. Il est bon, également, de placer des treillages qui protègeront le frai contre les attaques des oiseaux.
Il est indispensable de mettre les frayères à l’abri des agissements des braconniers : un coup d’épervier donné lors du rassemblement des géniteurs peut causer des dégâts irréparables. Le mal est grave, mais la prophylaxie connue: il suffit d’immerger au bon endroit une « rosace » de fils de fer barbelés, sorte d’étoile de mer dont le centre est noyé dans un bloc de béton. Tout filet qui entre en contact avec ce dispositif est mis hors d’usage.
Création de frayères artificielles.
On choisira un ruisseau à forte pente qui offre « un « courant vif, une faible profondeur et une eau claire, « bien aérée, non susceptible de se troubler, de changer « de niveau ou de geler >» (GUÉNAUXx). Si le fond est vaseux, on disposera une couche de graviers et de galets de 2 à 3 m° de surface sur une profondeur de 20 à 30 cm.
Ce travail se fera dès la fin de l’été. Si le fond est caillouteux il suffira parfois de le nettoyer au moyen d’un
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râteau métallique; le plus souvent il faudra également envisager un apport de graviers et de galets.
À l’approche du frai, un nettoyage au râteau s'impose. Ceci fait, on procèdera comme pour une frayère naturelle.
% Etablissement de réserves de pêche.
C’est un point qui a son importance. Si la réserve n’est pas surveillée, elle deviendra rapidement une sorte de « pêche gardée » à l’usage exclusif des braconniers. Il semble que les meilleurs résultats soient donnés par des réserves de faible étendue et de courte durée; on évite ainsi l’envahissement du lot interdit par quelques grosses
truites qui aiment le calme et la tranquillité et font le vide autour d’elles, ce qui va à l’encontre du but recher-
ché).
% see Aménagement général de la rivière.
Tout dépend des circonstances et nous ne pouvons pas envisager tous les cas qui peuvent se présenter : création d’échelles à poissons, lutte contre la pollution et les déver-
(7) Dans les rivières de deuxième catégorie, on observe un phénomène analogue : les réserves sont rapidement envahies par les poissons carnassiers — perches et brochets — qui dévastent le lot réservé, puis gagnent les endroits non interdits. Aussi certains considèrent-ils les réserves comme désastreuses pour le réempoissonnement,
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sements de substances nocives, ete, etc... Nous insisterons cependant sur un point particulier : le faucardement qui est souvent fait en Pope de bon sens.
. faucardement.est un mal nécessaire : il ja bien, en effet, débarrasser le-lit du cours d’eau des herbes qui y poussent si on ne veut pas voir la rivière se transformer en marécage, Mais l’opération demande beaucoup de doigté pour être menée à bien. Un faucardement digne de ce nom ne consiste pas à tout couper, n’importe quand et n'importe comment. Il est deux périodes durant lesquelles il faut se garder d’intervenir : celle du frai d’une part, celle de la métamorphose de la mouche de mai d'autre - part (c’est-à-dire du 15 mai au 1° juillet). On opèrera donc au mois d’ avril et à à l’ automne.
Enfin, il est Eine rivière comme au jardin potager, de « bonnes » et de « mauvaises » herbes (°) ; inutile de préciser que les « mauvaises » herbes doivent être détruites lorsque c’est possible. M. Louis DE BoissET place dans cette catégorie l’Elodea canadensis ou Peste d’eau: il conseille, par contre, de ménager le Celeri d’eau, la Renoncule d’eau et certains Potamots dont Potamegon lucens et Potamegon crispus. <
Le faucardement n’est guère pratiqué que dans les « chalk-streams » de l’Ouest de la France; il est inconnu
dans le Midi,
(8) HALFoR», ayant remarqué que les vieux herbiers recèient moins de nymphes ét de larves que les jeunes, conseille de supprimer de préférence les premiers qui se reconnaissent à leur teinte plus foncée et à leur développement plus considérable,