JEANNE DE MONTFORT
n'échappa ; quoique les Siciliens fussent encore désarmés, ils en égorgèrent deux cents dans la campagne, tandis que les cloches de l'église de Montréal sonnaient le service des vêpres. Les Palermitains rentrèrent dans la ville, répétant toujours le même cri : "Qu'ils meurent, les Français !" Et ils recommencèrent le carnage. Hommes, femmes, enfants, tout ce qui appartenait à cette nation détestée, fut mis à mort. Quatre mille personnes périrent dans cette première
nuit Les habitants de Bicaro, et ensuite ceux de Cori-
leone, se joignirent à ceux de Païenne, en scellant leur alliance du sang des Français qu'ils trouvèrent chez eux, tandis que ceux de Catalasino, gouvernés par le respectable Guillaume des Porcelets, qui n'avait pas méconnu l'humanité ou la justice, renvoyèrent avec honneur, de l'autre côté du phare, cet homme vertueux et toute sa famille.
Simonde de Sismondi, Histoire des républiques italiennes du moyen-âge.
Sismondi (Jean- Charles-Léonard Simon de de), Auteur vivant; né à Genève en 1773. Parmi ses ouvrages, on distingue les Nouveaux éléments d'économie 'politique, l'Histoire des républiques italiennes, et l'Histoire des Français, travail précieux où l'auteur présente une peinture fidèle et vraie des mœurs, des idées, des sentiments du peuple français, se manifestant par ses actes. Cette manière toute nouvelle de traiter l'histoire servira de modèle aux écrivains du siècle et de l'avenir.
JEANNE DE MOXTFORT.
La guerre s' étant déclarée en Bretagne, sous Philippe VI de Valois a, entre le comte de Montfort et Charles de Blois, le roi d'Angleterre fit passer des troupes au comte de Montfort, et le roi de France envoya le duc de Normandie soutenir la cause de son neveu. Le comte de Montfort fut fait prisonnier dans cette guerre sanglante, et laissa à sa femme le commandement de ses troupes et le soin de le venger. Alors tout le poids de la guerre tomba sur elle. Elle se retira dans Hennebonb. Le comte de Blois mit le siège