‹ Le rértoire littéraire;Chapitre 46 sur 267 · EFFET PITTORESQUE DES RUINES DE PALMYRE · texte numérisé non relu

EFFET PITTORESQUE DES RUINES DE PALMYRE

a La célébration du mariage de Napoléon et de Marie-Louise eut lieu à Saint-Cloud le 1er avril 1810. C'est le 1er juillet suivant que l'ambassadeur d'Autriche à la cour de France, le prince de Sclrwarzemberg, donna à Paris une fête à l'empereur et à l'impératrice, à l'occasion de cette solennité. Cette fête fut troublée par un horrible incendie qui consuma la salle. Plusieurs personnes y périrent, et de ce nombre furent la princesse Pauline d'Aremberg, belle-sœur de l'ambassadeur, et la princesse de Leyen. Mères dévouées, elles trouvèrent la mort en voulant sauver leurs enfants !

effet pittoresque des ruines de palmyre, d'Egypte, etc.

Les ruines, considérées sous les rapports pittoresques, sont d'une ordonnance plus magique dans un tableau que le monument frais et entier. Dans les temples que les siècles n'ont point percés, les murs masquent une partie du paysage, et empêchent qu'on ne distingue les colonnades et les cintres de l'édifice ; mais, quand ces temples viennent à crouler, il ne reste que des masses isolées, entre lesquelles l'œil découvre au haut et au loin les astres, les nues, les forêts, les fleuves, les montagnes : alors, par un jeu naturel de l'optique, les horizons reculent, et les galeries, suspendues en l'air, se découpent sur les fonds1 du ciel et de la terre. Ces beaux effets n'ont pas été inconnus des anciens ; ils élevaient des cirques sans masses pleines pour laisser un libre accès à toutes les illusions de la perspective.

Les ruines ont ensuite des accords particuliers avec leurs déserts, selon le style de leur architecture, les lieux où elles se trouvent placées, et les règnes de la nature, au méridien qu'elles occupent.

Dans les pays chauds, peu favorables aux herbes et aux mousses, elles sont privées de ces graminées 2 qui décorent nos châteaux et nos vieilles tours ; mais aussi de plus grands végétaux se marient3 aux plus grandes formes de leur architecture. A Palmyre, le dattier fend les têtes d'hommes et de lions qui soutiennent les chapiteaux du temple du SoleiL Le palmier remplace de sa colonne la colonne tombée ; et le pêcher, que les anciens consacraient à Harpocrate*, s'élève dans la retraite du silence. On y voit une espèce

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