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LA FOI ESPAGNOLE

après l'avènement de Ghintilla au trône, ordonna des litanies solennelles où toutes les églises du royaume supplieraient le Seigneur de fermer l'ère des révolutions et de verser lesprit de pénitence, de concorde et de paix dans les cœurs.

Les anathèmes les plus sévères furent prononcés contre les conspirateurs qui attenteraient à la vie des rois et à la sécurité de l'Etat.

Des mesures furent prises pour assurer la transmission paisible de la couronne selon les droits légitimes et on supplia en même temps le nouveau roi de pardonner au repentir des révoltés.

Ghintilla promulgua les canons du concile comme lois nationales et termina ainsi son décret :

« Nous enjoignons à tous ceux qui, à un titre quelconque, exercent une charge dans notre état, princes, juges, comtes, fonctionnaires de tout rang, de suspendre durant les jours de prières solennelles, toute expédition d'afiaires, en sorte que nos sujets de tout âge et de toute condition puissent exclusivement employer ce temps au service de Dieu, purifier leur conscience et implorer la miséricorde divine sur notre patrie.^ »

Le troisième en 589, pour l'al/uration de l'arien Récarède. Le quatrième en 633, rendit obligatoire pour toute l'Espagne la liturgie de S. Isidore. Le cinquième en 636, î>oor tirer la profession de foi catholique de l'Espagne. Les onxes autres conciles se succédèrent dans le même siècle à peu d'intervalle aux dates suivantes : 638 , 646, 653. 655, 656, 675, 680, 683, 684, 688, 693, 694, 700.

Le concile qui eut lieu en 684 et fut le quatorzième de Tolède sous la présidence de S. Julien de Tolède, comprit dir-sept évoques réunis pour examiner les conclusions du VI" concile œcuménique de Constantinople auquel aucun évêque espagnol avait pu assister. Us acceptèrent la définition de foi de ce concile mais en donnant leur avis personnel qui contenait deux erreurs sur l'incarnation. Ils voyaient en Jésus-Christ trois substances et deax volontés dont l'une engendrait l'autre. Le pape s. Benoit II engagea avec eux à ce sujet une négociation qui se termina par une rectification dans le sens de la pure foi orthodoxe.

(1) Labbé, Conciles de Tolède, t. v.

Deux ans plus tard, la paix régnait dans les esprits et Tolède voyait s'ouvrir dans ses murs un sixième concile composé de cinquante-deux évêques/ dans l'église de Sainte- Léocadie, patronne de la ville.*

Le précédent concile n'ayant traité que des questions politiques, le pape Honorius avait envoyé un légat pour reprocher aux évêques espagnols de négliger pour des intérêts humains les intérêts sacrés de la foi.

Il leur enjoignait de reporter contre l'hérésie la sollicitude qu'ils montraient pour des questions temporelles, de ne pas ressembler, selon l'expression de l'Ecriture, à des chiens muets qui ne peuvent pas aboyer, et de se montrer à Tavenir plus fernies dans la défense de la foi et plus prompts à sévir contre l'erreur.

Le concile se mit à l'œuvre et rédigea en des lignes magistrales, la profession de foi catholique de l'Espagne :

« Nous croyons et confessons la très sacrée et très omnipotente Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, un même Dieu, seul et non solitaire; d'une seule essence, vertu, puissance et nature; distincte sans séparation, en trois personnes; indivisible dans son essence qui est la substance même de la divinité; créatrice de toutes choses; le Père inengendré, incréé, source et origine de toute la divinité; le Fiis engendré éternellement du Père, avant toute créature, sans commencement et incréé, car le Père n'a jamais été sans le Fils, ni le Fils sans le Père ; le Fils du Père est Dieu, égal en tout à Dieu le Père, Dieu vrai de Dieu vrai; l'Esprit-Saint ni engendré ni créé, mais procédant du Père et du Fiis, Esprit de l'un et de l'autre et par là ils sont un subsLantieiiement, puisque lui-même procède des deux ensemijie.

» Dans celte auguste Trinité, l'unité ae substance est

(1) Le 9 janvier 638.

{/i) Canes nuiti non valentes Inirare,

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