I.A FOI ESPAGNOLE
telle, quelle exclut l'idée de pluralité et maintient une égalité parfaite, elle n'est ni moindre en chacune des personnes qu'en toutes les trois ensemble, ni plus grande dans les trois que dans chacune.
« De ces trois personnes de la Trinité, nous confessons que le Fils seul, pour la rédemption du genre humain coupable, pour le paiement de la dette contractée originellement par la désobéissance d'Adam et depuis par les fautes de notre libre arbitre, est descendu des profondeurs du Père, a pris l'humanité sans le péché, dans le sein de la bienheureuse Marie toujours Vierge, en sorte que Fils de Dieu le Père, il est devenu Fils de l'homme. Dieu parfait et homme parfait, afin que, homme-Dieu, il fut un seul Christ en deux natures, mais en une seule personne, car dans le Christ, la dualité de personnes eut introduit la quaternité dans la Trinité sainte.
» Ainsi, comme personne, il est distinct sans séparation du Père et de l' Esprit-Saint; comme nature, il est distinct de l'humanité qu'il a revêtue, de même que par sa personne il est un avec l'humanité, et par la nature il est un avec le Père et le Saint-Esprit.
» Tel est donc, de deux natures en une seule personne, notre unique Seigneur Jésus-Christ, égal au Père dans la forme de la divinité, moindre que le Père dans la forme d'esclave, selon la parole prophétique du psaume : De ve?itre matris meœ, Deus rneus es tu,^
» Sans mère, né de lâeu; sans père, né de la Vierge; seul le « Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous.^ » Bien que toute la Trinité ait coopéré à la formation du corps
(1) Ps. XXI, 1 1 . 7n te projectus sum ex utero; De ventre matris meœ Deus nuus êstu; ne discesscris a me. C'est en toi, Seigneur, que j'ai été tiré du sein do ma mère; de ce moment tu es mon Dieu, ne t'ôloigae pM de moi.
(2) S. Jean, i, M.
humain qu*il a pris pour nous (puisque toutes les œuvres de la Trinité sont inséparables), cependant, seul il s est fait homme dans la singularité de sa personne, non dans l'unité de la nature divine, dans ce qui est le propre de la personne du Fils, et non dans ce qui lui est commun avec la Trinité. Car, s'il eut confondu en une seule nature la nature humaine et la nature divine, il en résulterait que la Trinité tout entière se serait incamée, puisqu'il est certain qu'il n'y a dans la Trinité qu'une seule nature en trois personnes.
» Ainsi, envoyé par le Père, Notre-Seigneur Jésus-Christ, prenant ce qu'il n'était pas, sans rien perdre de ce qu'il était, impassible par sa nature divine, mortel par la nôtre, est venu dans ce monde, sauver les pécheurs et justifier ceux qui croient en lui, accomplissant des merveilles, et, livré pour nos fautes, il est mort en expiation pour nous, il est ressuscité pour notre justification. Nous avons trouvé la guérison dans ses plaies, nous sommes ressuscites dans sa résurrection. 11 doit venir et nous l'attendons à la fin des siècles, à la résurrection générale, pour distribuer, dans l'immuable équité de son jugement, la récompense aux justes, les châtiments aux impies.
« Nous croyons aussi que l'Eglise catholique est le corps de Jésus-Christ, son corps mystique, sans tâche dans ses œuvres, sans ride dans sa foi.
y> Avec son chef tout-puissant, le Seigneur Jésus, elle régnera sans fin un jour, quand le corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, le mortel l'immortalité, afin que Dieu soit tout en tous.
' C'est par cette foi que les cœurs se purifient, par elle que les hérésies sont extirpées, par elle que l'Eglise entière, militante encore dans le siècle, se glorifie d'avance en communion de doctrine avec le royaume céleste.
» En dehors de cette foi, il n'est point de salut, puisqu'il