I. Selva, 4e instruction
est conforme à la saine rhétorique. « Parler en chaire de ce qui convient à la chaire, enseigne-t-il, prouver ce que l'on affirme par les sources propres au genre, employer le style qui convient à la circonstance, c'est-à-dire le style populaire, parce que l'on parle au peuple, mais un style digne, parce que l'on parle dans l'église; animer le discours des passions propres au sujet et se parer soi-même des mœurs oratoires voulues, c'est-à-dire de charité et de simplicité, voilà de l'art, de l'art véritable et les vrais savants préfèrent ces sortes de sermons; quant au peuple, il n'apprécie que ceux-là. »
Ces idées n'étaient guère admises du temps d'Alphonse, .et il en gémissait : « Seigneur Jésus, s'écrie-t-il quelque part, ô vous qui avez donné votre vie pour sauver nos âmes, donnez votre lumière et votre esprit à tant de prêtres qui pourraient convertir une multitude de pécheurs et sauver le monde, s'ils prêchaient votre parole sans vanité, avec simplicité, comme vous avez prêché vous-même, comme ont prêché vos disciples ! Mais ils ne le font pas : ils se prêchent eux-mêmes. Aussi qu'arrive-t-il? Le monde est rempli de prédicateurs et l'enfer se remplit de damnés. Seigneur, daignez remédier à ce grand malheur causé à l'Église par vos prédicateurs ' ! »
Toute l'âme d'Alphonse se trouve dans cette prière et une bonne partie de sa vie fut consacrée à réaliser le souhait qu'elle exprime. Quiconque voudrait étudier un tel apôtre et le présenter en modèle devrait unir à mille souvenirs la constante pensée qu'Alphonse a joint à ses divers titres celui d'éminent professeur de rhétorique sacrée.
Le confessionnal l'occupa tout autant que la chaire, peutêtre plus encore. Là, il voyait trois abus énormes : sacrilèges dans les pénitents, défaut de bonne volonté, défaut d'habileté dans les confesseurs. Profondément convaincu