LA PROVIDENCE DE JÉSUS-CURIST SUR LES DISCIPLES DE LA CROIX
Cette oraison est une des plus importantes de la retraite. Ce qui empêche d'être tout à Jésus-Christ et tout à son œuvre, c'est le plus souvent un fonds d'inquiétude au sujet de certains intérêts naturels que l'on craint de compromettre.
Quand une fois on s'est généreusement dévoué au Sauveur, à son amour, à l'imitation de ses vertus et à la con-
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tinuation de son œuvre, selon . sa méthode et sa croix, Jésus-Christ applique les lois d'une Providence, non pas peut-être miraculeuse, mais tout au moins extraordinaire. 11 se charge de la santé, de la vie, de la réputation, du succès, des travaux, des intérêts matériels, de tout.
Seulement il faut que ce bienheureux ami ait le courage de pratiquer l'abandon, l'abandon à son bon et fidèle Maître. Cet abandon est la moelle de l'amitié : on y trouve la foi, la confiance, l'affectueux désir de faire acte d'amitié. L'abandon est une vertu sage et discrète : elle ne se permettrait pas de négliger l'emploi des moyens prescrits, sous prétexte que Jésus-Chrisl se charge de tout. Mais, une fois les conditions requises modérément posées, l'abandon aime à s'abandonner : il aime qu'il manque quelque chose, afin que Jésus-Christ soit tout en tout. Quand, de fait, les ressources naturelles font défaut, il se soulève au-dessus de lui-même pour espérer contre toute espérance. Plus l'inquiétude augmente et paraît légitime, plus aussi ce saint abandon s'attache à la confiance ; et Jésus-Christ de son côté semble redoubler secrètement d'attentions à mesure que son généreux et fidèle. ami se fie davantage à lui.
Bien loin de là s'agitent les anxieux qui ne se fient pas. Ils se croient chargés de remplacer la Providence.
Le saint abandon est d'autant plus légitime qu'à côté de Jésus-Christ nous avons sa Mère, laquelle se montre particulièrement Mère pour les amis de son Fils quand ceux-ci se confient en elle.