‹ Le retour continuel a DieuChapitre 17 sur 146 · Natuia filii irae (Ephes. n · texte numérisé non relu

Natuia filii irae (Ephes. n

2. Ecce enim in iniquitatibus onceptus sum, et in peccatis concepit me mater mea (Ps. t, 7).

3. Ipse cognovit figmentum no truin. Recordatus est quoniam pulvis. sumus (Ps. cir, 14).

salut et de votre amour; mais, après chaque égarement, je veux revenir et revenir sans cesse à mes deux grands devoirs ! » aussitôt le Seigneur se réjouit et bénit cet enfant laborieux.

Sa divine et paternelle bonté va même si loin qu'elle tient compte non seulement de la bonne volonté complètement formée, mais du premier commencement du bon désir, et même du simple désir de désirer. C'est ainsi que Dieu s'estime heureux quand il voit qu'un grand pécheur, n'ayant pas même la volonté de se sauver, conçoit au moins le regret d'être si insensible; ou bien quand il constate qu'un juste, mais un juste tiède, commence à désirer d'avoir un peu de cœur pour la vertu.

Par contre, quand il voit que dans une âme il n'y a rien, rien pour lui, rien pour elle-même, rien pour l'amour, rien pour le salut, oh! alors il est affligé, irrité, fatigué; et cette malheureuse âme court de graves dangers.

Voilà ce queje ne dois pas oublier. Il ne s'agit donc pas d'arriver immédiatement à la fidélité continuelle, mais de parvenir au continuel retour, c'est-à-dire au continuel renouvellement de la bonne volonté. C'est tout à la fois encourageant et exigeant : encourageant, parce qu'on ne demande pas la perfection immédiate; exigeant, parce qu'on impose tout de suite le bon vouloir.

0 Jésus, fixez mon âme dans cette disposition, et faites que dès aujourd'hui j'aie le bonheur, après chacun de mes écarts, de revenir sincèrement à vous !

Je ne dois cependant pas abuser de ce qui vient de m'être dit. Quand on m'assure que Dieu se contente de la bonne volonté, il ne faudrait pas croire qu'il s'agisse d'une volonté sens acte et sans énergie. Non! on ne me parle que de la volonté qui agit, qui s'applique à des efforts efficaces. Je ne dois pas croire davantage que le même degré de bonne volonté suffit à tous les hommes ; évidemment celui qui a déjà vécu longtemps au service de Dieu et qui a reçu beaucoup de grâces est obligé à des désirs *et des actes

plus généreux que ceux delà pauvre àme qui vient de sortir de la vie du péché. Pour tout dire en un mot, la bonne volonté qui contente Dieu est celle qui aspire efficacement à un progrès continu, et qui ne s'arrête jamais. Retenons bien cela.

Accordez-moi, Seigneur, la grâce de comprendre la vérité de cette maxime, afin que j'évite à la fois l'illusion et le découragement !

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