‹ Le retour continuel a DieuChapitre 3 sur 146 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

tive comme il l'a fait à son œuvre pastorale par la Charité sacerdotale. Mais combien précieux déjà et parfait n'est pas ce que, par modestie et en raison de son idéal, il appelle un essai! Lui-môme le déclare implicitement : « Pour ma part, je l'avoue, je suis arrivé à la dernière limite de mes efforts. A moins que le bon Dieu ne m'aide extraordinairement, dans ce genre je ne pourrai plus rien produire qui soit, quant au fond et quant aux grandes lignes, notablement supérieur à ce que je présente ici1. » Sera-ce son dernier mot et sa suprême pensée?

Pourquoi ces essais successifs? Pourquoi ne pas s'en tenir, par exemple, à la deuxième retraite sur la Conversion quotidienne qui est une œuvre complète, mûrie, supérieure, un véritable chef-d'œuvre sur la haute valeur duquel il ne pouvait se méprendre ? Il prévoit l'objection et donne lui-même la réponse : « Si quelqu'un était tenté de voir de la versatilité dans cette succession de tentatives, je le prierais d'observer qu'il y a changement et changement. Un maçon qui taille et retaille dix fois sa pierre avant de la fixer dans un mur, est un homme qui change et qui ne change pas, ou plutôt qui change pour ne plus changer ; car, s'il modifie dix fois sa pierre, c'est afin de la mettre définitivement en place sans devoir jamais plus la retoucher. Voilà précisément mon cas : j'ai fait et refait, et puis encore refait, dans l'espoir d'arriver à une œuvre qui dure -. »

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