‹ Le retour continuel a DieuChapitre 33 sur 146 · JE DOIS ÊTRE L'ENFANT DE MARIE · texte numérisé non relu

JE DOIS ÊTRE L'ENFANT DE MARIE

Pour être sur d'obtenir toujours de Marie le renouvellement de la grâce d'aimer Dieu et la continuation des

grâces qui constituent la persévérance, je dois ne pas me contenter d'être son serviteur, mais m'obliger à être son enfant.

Le serviteur de Marie a certaines habitudes de dévotion auxquelles il est fidèle. L'enfant de Marie en a davantage et sa fidélité est plus inviolable; non seulement il offre à sa Mère le tribut d'un hommage quotidien, mais il est attentif à y ajouter quelque chose de spécial le samedi et à l'occasion des fêtes consacrées à la sainte Vierge.

Le serviteur de Marie n'a chaque jour que ses pratiques fixes. Quand il s'en est acquitté, il ne pense plus guère à sa Mère jusqu'au lendemain. L'enfant de Marie, au contraire, connaît et réalise la principale de toutes les dévotions, qui est le recours habituel au moment même de la nécessité. Il jouit, pour ainsi dire, de la compagnie de cette Vierge bénie ; il vit avec elle comme si elle était là présente; et pour peu qu'il ait besoin d'une grâce, surtout si cette grâce se rapporte à l'amour ou à la persévérance, c'est à cette bonne Mère qu'il va, avec une confiance toujours nouvelle.

Le serviteur de Marie se contente d'espérer en elle; l'enfant de Marie aime Marie, et cherche à lui faire plaisir, par exemple en honorant ses douleurs, ou en lui offrant quelque autre hommage du cœur.

Le serviteur de Marie ne pense guère qu'à prier Marie; l'enfant de Marie s'évertue à propager le culte et l'amour d'une telle mère.

Heureux, mille fois heureux, celui qui est l'enfant de la sainte Vierge, non seulement de nom, mais en réalité'. Son retour continuel à Dieu, appuyé sur cette dévotion filiale, ne peut manquer d'être béni du ciel; et immanquablement un tel chrétien arrivera au port du salut et à la possession de l'amour divin.

Mais, retenons-le, il n'y a rien que le démon cherche plus à diminuer et à corrompre que cette vraie et parfaite dévotion. Ou bien il tâche de nous rendre infidèles à nos

pratiques; ou bien il travaille à nous enlever le souci de recourir habituellement à notre Mère ; ou bien il s'efforce d'introduire dans nos hommages un peu de présomption, en mêlant au sentiment de la confiance une certaine envie de compter sur Marie pour ne plus progresser dans le bien. Enfin, d'une manière ou d'une autre, il tente l'impossible pour arriver, sinon à détruire du moins à gâter ce culte filial.

C'est pourquoi une des notes de la vraie et parfaite dévotion à Marie est la crainte du relâchement. Cette crainte, loin d'être nuisible, est très salutaire, car elle aboutit à cette conclusion : Puisque je redoute d'abandonner la sainte Vierge, c'est à elle-même que je confierai ma persévérance à son service; et chaque jour de ma vie je lui demanderai la grâce de mourir plutôt que de lui devenir infidèle.

Cette précaution met le dernier cachet à l'œuvre de Dieu en nous.

Courage donc, ô mon âme ! Désormais tu retourneras à Dieu par la pénitence et l'oraison. Dans cette pénitence et cette oraison, tu auras en vue à la fois ton salut et l'amour de ton Dieu; tu confieras le succès de ta sainte entreprise à Marie ; tu t'enchaîneras à cette bonne Mère en lui demandant à elle-même la grâce de ne jamais cesser d'être son enfant. De la sorte, tu seras heureuse en cette vie et dans l'autre.

O Jésus et Marie, bénissez-moi pour qu'il en soit ainsi !

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