DEUXIÈME RETRAITE
Cette retraite est inférieure en mérite à une foule d'autres du même genre, notamment à celles qu'ont composées les saints : ceux-ci, dans la manière de parler des choses de Dieu, excelleront toujours.
Cependant, telle qu'elle est, elle a sa valeur propre. Car elle montre comment les principes généraux du salut et de la perfection s'appliquent au religieux.
Il seraparlédu mal commedu bien, des misères auxquelles est exposée l'âme consacrée à Dieu et des vertus qui lui sont propres. En signalant les abus, on ne prétend nullement qu'ils existent réellement, mais seulement qu'ils sont tous et toujours possibles ; il y a donc lieu de les connaître tous et de les craindre toujours.
Si l'on veut que cette retraite soit, Dieu aidant, complètement utile, il faudra non seulement la lire et l'étudier,
mais encore la pratiquer; c'est-à-dire mettre à exécution les conseils qu'elle renferme.
La matière sera divisée en dix chapitres ou journées. Le retraitant les suivra les uns après les autres, s'arrêtera à chacun d'eux tout le temps qu'il faudra, et aura soin, quand il sera occupé d'un des dix, de ne plus guère songera ceux qui auront précédé, et de ne pas encore penser à ceux qui suivront. Cet avis est très important.
Ce ne sera qu'après avoir tout parcouru qu'il pourra combiner les différents propos et résolutions.
Quand il aura étudié et utilisé cette retraite tout entière, il pourra de temps en temps la revoir avec fruit tantôt intégralement, tantôt par parties.
Demandons à Dieu, puisqu'il bénit ce qu'il lui plait, de bénir ces pages, et de vouloir bien y attacher sa grâce afin que chacun y trouve la lumière et le salut.