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CHAPITRE IX

LE CONTINUEL RETOUR A LA l'TETE.

§ I. — En quoi consiste le continuel retour à la piété.

On entend ici par piété la fidélité à donner à Dieu, en fait de prières et d'exercices de dévotion, tout ce qu'il demande.

A la piété appartiennent l'oraison et le recueillement. Nous en avons déjà parlé, et parlé à part, parce que ces deux fonctions de la vie spirituelle sont la condition de toutes les autres. De même que dans un traité sur la santé du corps on dirait avant tout qu'il faut respirer un bon air, de même, dans un livre sur la santé de l'àme, il fallait avant tout assurer ce par quoi tout le reste est possible, c'est-à-dire le renouvellement constant de la pensée et du cœur.

Il est une autre fonction de la piété religieuse, dont nous ne parlerons pas dans ce chapitre. C'est la dévotion à la sainte Vierge. Ce sera le sujet du chapitre suivant, et comme le couronnement de tout le livre.

Ici donc il s'agit de tous les autres devoirs de la piété chrétienne et religieuse ; de la sainte messe, de la sainte communion, du saint office; mais surtout de la prière, qui est dans la piété, ce qu'est le pain dans nos repas; c'est-àdire l'élément principal, et l'accompagnement de tout le reste.

Humble religieux toujours si occupé, je veux voir comment je dois soutenir, en faveur de cette piété.si nécessaire, un des plus grands combats de la vie : celui d'une fidélité constante, malgré les occupations et les mille obstacles qui voudraient m'arracher à mon Dieu et me décider à lui refuser ce qui lui revient de droit.

§ II. — Pourquoi le retour continuel à la piété.

Rien de plus nécessaire, rien de plus divinement utile à un religieux, que les exercices sacrés dont se compose sa piété.

Parmi ces exercices il faut mettre au premier rang la prière, la prière proprement dite, c'est-à-dire la demande, la supplication, la sainte mendicité spirituelle.

La prière a été appelée par les saints la respiration de l'àme. De même que, parmi les fonctions corporelles, la respiration est de toutes la première parce qu'elle les surpasse toutes en nécessité et en utilité, et que du reste elle les accompagne et les rend possibles, tellement qu'un homme qui ne respirerait plus ne pourrait plus produire aucun mouvement-, de même, et pour les mêmes raisons, la prière est, parmi les opérations de l'âme, la première, la plus utile, la plus indispensable. De là cette parole de Notre- Seigneur : Il faut toujours prier et ne jamais cesser*.

Sur la prière, il existe une loi composée d'un certain nombre d'articles tous plus sacrés les uns que les autres. Cette loi divine a été faite et publiée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même dans son Évangile, où les oracles sur la prière sont nombreux et tous divinement expressifs.

En voici le résumé, qui devrait être gravé en lettres d'or dans mon cœur.

La prière est un acte par lequel la créature humaine de-

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