Oportet semper orareet non delicere (Luc. xvui
mande un bien à son Dieu, ou à ses intercesseurs auprès de Dieu.
Il y a deux sortes de prières : la secondaire et la principale. La secondaire demande des biens secondaires, tels que la santé, la fortune. La principale demande des biens essentiels, tels que le pardon des péchés, l'amour de Dieu, la persévérance. C'est surtout de la prière principale que nous parlons ici.
Cette prière a deux qualités qui lui sont propres. C'est la confiance avec l'humilité. Demander à Dieu sans confiance, ou lui parler sans humilité, ce n'est pas prier.
Dieu a réglé les affaires de l'âme et du salut de telle sorte que, dans cet ordre de choses, nous ne pouvons rien sans la grâce, et que les grâces, à part quelques-unes qui seules ne suffiraient pas, ne s'obtiennent pas sans la prière.
Mais aussi, dès qu'on les demande comme il le faut, on est sûr de les obtenir ; car la prière est aussi efficace qu'elle est nécessaire.
Il ne suffit pas de prier une fois pour obtenir de Dieu de quoi se sauver. Bien loin de là ! Le Seigneur a voulu que nous fussions obligés de demander chaque jour la grâce de chaque jour, et en chaque nécessité le secours spirituel nécessaire; de sorte que nous sommes sur la terre les mendiants du Seigneur.
D'après cela notre éternité dépend en définitive de nos prières. Si elles sont aussi nombreuses et telles qu'elles doivent être, nous irons au ciel; car la grâce ne nous délaissera pas. Pour la raison contraire, si nous ne prions pas autant qu'il le faut, nous irons en enfer.
Il ne faut pas que notre prière soit une dérision ; et elle le serait si, tout en implorant Dieu, nous n'avions pas même le désir de ne plus pécher.
Tout homme reçoit constamment du ciel assez de lumières et de bons instincts pour prier s'il le veut.
Mais, avec cette grâce commune de la prière, souvent on ne prie pas, au moinspas suffisamment ni suffisamment bien .
Il faut donc, et ceci est très important, que nous ajoutions à ladite grâce deux autres conditions, moyennant lesquelles nous aurons le bonheur de prier autant et aussi bien qu'il le faut et par là de nous sauver. D'abord, nous devons demander, tous les jours de notre vie, la grâce de prier aussi souvent et aussi sincèrement qu'il le faudra jusqu'à la mort. En outre, nous devons nous exercer à prier, et nous y exercer tellement, que nous finissions par prier quasi toujours, surtout dans les moments difficiles.
La fidélité à remplir ces deux conditions est précisément ce qui constitue le perpétuel recours à la prière.
0 mon âme, n'oublie pas cette leçon sur la prière ; elle est capitale entre toutes !
Après la prière vient la réception des sacrements. Au sujet de la confession, nous nous sommes suffisamment expliqués, quand il s'est agi du continuel retour à la pureté. Cependant disons-en encore un mot. Le sacrement de Pénitence a non seulement la vertu de remettre les péchés, mais encore celle de guérir peu à peu les maladies de l'âme. Je dois donc être avide de ce divin remède, comme un malade le serait d'un bain salutaire propre à le guérir de tous ses maux.
Ma Règle*me prescrit les confessions fréquentes. Que Dieu me garde d'en diminuer le nombre ! Mais je dois me garder aussi de les multiplier au delà de la mesure prescrite, à moins que des nécessités sérieuses de conscience ne m'y obligent, et que mon confesseur ne me le commande.
Afin que la confession me soit toujours facile et profitable, je dois avoir bien soin d'y chercher ce que, grâce à Dieu, l'on y trouve toujours, c'est-à-dire le ministre du sacrement elle sacrement lui-môme. Quand jevais àlasainte table, je ne tiens pas compte des qualités personnelles du prêtre qui me communie, pourvu que de fait il me communie. De même au confessionnal, je ne m'occuperai pas trop des choses accidentelles, telles que les bons avis, les
paroles d'encouragement, et la bonne direction, bien que tout cela soit excellent et désirable. Mais, pour m'éviter bien des mécomptes, je chercherai toujours avant tout l'absolution, et au besoin je saurai m'en contenter, sortant très heureux du confessionnal où le sang de Jésus-Christ aura lavé mon âme.
Quanta la communion il y aurait àen parlerpendant des jours entiers, tant le sujet est grand et fécond. Mais que je me contente de ces quelques réflexions indispensables !
Avant tout, rappelle-toi toujours, ô mon âme, que la principale préparation à la communion est cette pureté de cœur à laquelle j'ai promis de revenir sans cesse ! Si je suis pur, c'est-à-dire exempt de tout péché volontaire habituel, mes communions seront toujours utiles à moi et agréables à mon Dieu. Si au contraire je suis pécheur, ou tiède et sans envie de me corriger, il pourra arriver que la communion trop fréquente me fasse plus de mal que de bien, et cause à Jésus-Christ plus de peine que de plaisir.
Je dois donc avant toutm'efforcer d'apporter à la sainte table un cœur libre et pur ; et m'entendre à ce sujet avec mon confesseur.
Évitons deux extrêmes opposés : celui des âmes découragées qui, parce qu'elles commettent encore des fautes légères, ne veulent pas communier : ce qui serait insensé, la communion étant pour nous un remède autant qu'une nourriture; et celui des âmes téméraires qui, vivant dans l'habitude du péché véniel non co,mbattu, prétendent communier sans véritable envie de tendre à la perfection.
Encore un mot qui me sera bien précieux si je le comprends. En définitive, disait un grand saint, la préparation immédiate à la communion et l'action de grâces qui la suit reviennent à ces trois paroles: Je crois, j'espère et j'aime.
Oui, ô mon âme, chaque fois que tu vas communier, exerce-toi à croire avec une foi très vive ; exerce-toi à demander avec une confiance sans bornes; exerce-toi à aimer
LE CONTINUEL RETOUR A LA PIÉTÉ. bJ71
avec un cœur bien délicat, disant à Notre-Seigneur que, si tu communies, c'est encore plus pour son plaisir et son amour que pour ton bien !
La sainte messe, je le sais, est la continuation du sacrilicedu Calvaire. Si j'apprenais que le Calvaire recommence, que Jésus-Christ y est remonté, que la srfinte Vierge est allée l'y rejoindre, que la scène du vendredi-saint se reproduit, et que je suis appelé à y assister, quelle ne serait pas mon émotion ! Pourquoi donc suis-je si peu ému en assistant à la sainte messe ?
Ici encore les trois paroles suffisent : Je crois, j'espère et j'aime ! À force de répéter chaque jour, pendant le saint sacrifice : Je crois, je crois, je crois! peu à peu l'invisible me deviendra présent, et l'autel sera vraiment pour mo i le Calvaire.
A force de redire que j'espère, et de répandre, aux pieds de Jésus immolé de nouveau, mes prièx^es absolument confiantes, j'arriverai à ne plus' douter d'aucune de mes demandes faites pendant la messe.
Mais il faut que je répète aussi la troisième parole : J'aime, j'aime, j'aime! J'assiste à la messe pour l'amour de la sainte Trinité qui y met toutes ses complaisances, pour l'amour de Jésus-CliFist qui y renouvelle sans souffrance l'œuvre chérie de la Rédemption, pour l'amour des âmes tant de la terre que du purgatoire qui y trouvent la plénitude du secours et delà grâce.
Nourris-toi, ô mon âme, de ces saintes pensées durant le saint sacrifice ! Pour te les faciliter, sers-toi au besoin d'un bon livre lentement lu et savouré.
Quant au saint office, que ma Règle m'impose, je n'ignore pas son caractère obligatoire. L'omettre, c'est un péché. Dans certains Instituts comme dans le sacerdoce, ce serait un péché mortel. Je n'ignore pas non plus son excellence ; en le récitant, je ressemble aux anges, et je m'associe à eux pour chanter les louanges de Dieu.
Un des meilleurs moyens de donner à la récitation de
mon office beaucoup de saveur et de vie, ce serait de concentrer toute ma ferveur sur le Gloria Patri, dont ce saint exercice est rempli.
Je pourrais donner à ces Gloria Patri, selon les inspirations de mon cœur, une signification particulière, et faire de tous ceux d'ftn ofiice : tantôt les Gloria de l'adoration, tantôt les Gloria de l'humilité, tantôt les Gloria de la contrition, tantôt les Gloria de la reconnaissance, tantôt les Gloria de la soumission, tantôt les Gloria de l'amour, tantôt les Gloria du zèle. Par ce moyen mon office, ayant chaque jour sa signification propre, aurait aussi une puissante vitalité.
Viennent ensuite, en fait d'exercices de piété, la visite au saint Sacrement, douce consolation du cœur de Jésus et du mien.
Puis le chemin de la croix, acte charitable entre tous : charitable pour Dieu le Père qui aime tant son Fils; charitable pour Jésus-Christ, qui désire tant qu'on se rappelle ses douleurs ; charitable pour la sainte Vierge, qui jouit tant quand on pense à la Passion de son divin Fils; charitable pour les âmes du purgatoire, qui en reçoivent d'innombrables indulgences; charitable pour les pauvres pécheurs, qui doiventsouvent leur conversion aux prières des âmes fidèles à ce saint exercice ; charitable enfin pour celui qui le fait, et qui ne peut qu'en retirer les plus précieux avantages.
Puis les dévotions particulières : au Sacré-Cœur, dont il ne faut pas oublier lestrès riches promesses ; àsaint Joseph, qui doit avoir sa bonne part dans notre piété ; ausaint ange gardien, souvent trop négligé.
N'oublions pas un autre exercice tout particulièrement recommandable parce qu'il est prescrit par la Règle : l'examen particulier qui, dans les Instituts où il est sérieusement pratiqué, produit les fruits les plus abondants de vertu et de sanctification.
Tels sont, avec beaucoup d'autres pratiques qu'il serait
impossible d'énumérer ici, les exercices auxquels s'applique notre piété.
Cette piété doit avoir comme caractères principaux : l'esprit de prière humble et confiante ; la fidélité, l'égalité, la simplicité, la générosité, la discrétion.
L'esprit de prière. Dans tous mes exercices religieux, la prière avec l'amour doit dominer. Je dois être le mendiant de Dieu, toujours occupé à demander et à redemander.
La fidélité. Souvent, pour ne pas manquer un exercice, il faut un grand courage. La piété n'est pas toujours également facile. Parfois même on y trouve des aspérités bien grandes. La fidélité, coûte que coûte, est donc une grande vertu.
L'égalité. Rien de plus variable que notre âme dans ses rapports avec Dieu. Elle passe continuellement de la sécheresse et des difficultés à l'onction et à la dévotion. Il faut qu'elle sache traverser également toutes ces inégalités. C'est ici le cas de pratiquer la vertu.
La simplicité. Je dois savoir recourir à tout pour parler à Dieu : me servir de bons livres, les lire en m'appropriant chacune des paroles, ou bien parler de mon fond, le tout avec la sainte liberté des enfants de Dieu.
La générosité. Un religieux qui ne prierait qu'autant qu'il le faut absolument, prierait trop peu. Il doit ajouter au tribut obligatoire le tribut volontaire des prières surérogatoires.
La discrétion. Mais il ne faut pas s'accabler; car la piété doit se concilier avec les devoirs d'état. Le religieux vraiment pieux est aussi travailleur que les autres. Que dis-je ! Si les choses en religion sont bien entendues, bien comprises, plus la piété sera fidèle, plus le travail et l'esprit de travail régneront dans la maison. Ceci est surtout vrai des Instituts à vie active, où il faut savoir allier parfaitement l'office de Marthe et celui de Marie. Le vrai religieux prie toujours, non sans fournir aussi une immense somme de travail.
27't LE RETOUR CONTINUEL A DIEU.
Mais la piété ainsi entendue rencontre, même en religion, bien des obstacles.
Ces obstacles sont la fragilité intrinsèque de l'âme, qui bien souvent n'a que du dégoût pour la prière.
L'inégalité continuelle de la vie, avec tous ses accidents, qui rendent souvent la piété fort difficile.
L'activité, car les occupations sont parfois si grandes, qu'il devient difficile de s'arracher au travail pour toujours donner à Dieu sa part.
La fatigue et l'accablement du corps, car en vérité, quand on est harassé, il faut pour prier faire sur soi-même de suprêmes efforts.
V entourage et les distractions, qui trop souvent nous harcellent.
Enfin les influences contraires à la piété, car il faut le dire, même en religion, ceux qui veulent donner à Dieu tout ce qu'ils lui doivent rencontrent des adversaires et des désapprobateurs.
Pour toutes ces raisons, le recours perpétuel à la piété est un saint expédient, absolument indispensable à toute âme qui prétend rester fidèle à Dieu.
§ III. — Comment s'opère le continuel retour à la piété.
En demandant tous les jours la grâce de prier aussi bien et aussi souvent qu'il le faut; et en se faisant de la prière une habitude de plus en plus vertueuse et enracinée.
En décidant de ne jamais omettre un exercice de piété, sans une vraie nécessité, et sans une permission très sérieusement motivée.
En s'obligeant, dans les cas d'omission inévitable, à suppléer à ce que l'on n'a pas pu faire, par quelque autre exercice analogue mais plus court.
En s'accusant toujours très sérieusement à confesse de
tous les manquements contre la piété, et en joignant à cette accusation un véritable bon propos.
En prenant la salutaire habitude d'ajouter à chaque exercice de piété une oraison jaculatoire, pour demander la grâce de persévérer dans ledit exercice.
En se rappelant de temps en temps par une bonne revue tout ce qui concerne les devoirs envers Dieu.
Enfin, en faisant assez souvent l'oraison sur la piété.
§ IV. — L'oraison sur la piété.
On commence par se mettre, avec une foi plus vive que d'habitude, en présence de sa céleste famille, et on la supplie très humblement d'assurer à l'oraison qui commence une bénédiction si grande, qu'il en résulte un progrès dans la piété pour le reste de la vie.
Après quoi, on applique ses réflexions et sa foi à Tune ou à l'autre des pensées suivantes :
La piété considérée en elle-même. — La piété est une vertu qui nous donne le désir et le goût de remplir tous nos devoirs de religion ; et qui réellement nous les fait accomplir lidplement.
La piété nous vient du cœur de Dieu lui-même : c'est une influence divine de l'esprit de famille qui règne au ciel.
La piété nous porte à traiter avec Dieu c omme avec un père ; avec Jésus-Christ comme avec celui qui est à la fois notre Dieu, notre Père, notre Sauveur, notre ami; avec Marie comme avec une mère ; avec les saints et les anges comme avec des frères en Dieu.
La piété est une douceur et une force : une douceur qui nous fait accomplir nos obligations avec goût; une force qui nous rend indomptablement fidèles, malgré tous les obstacles.
La piété est le vrai trésor du chrétien, du religieux
surtout ; elle assure le constant renouvellement de la vie de foi, d'espérance et d'amour, sans laquelle la vie n'est plus la vie.
Le religieux solidement pieux est un homme qui a pour lui une autre ressource que lui-même : Dieu.
Le religieux qui n'est pas pieux est toujours par beaucoup de côtés au-dessous de lui-même.
Il est dans la piété une loi particulière et particulièrement importante : c'est la loi de la prière.
La piété et Dieu. — Dieu est le père des hommes. Étant leur père, il veut avoir avec eux des relations. Pour avoir ces relations, il a établi une religion.
La religion n'est pas autre chose que l'ensemble des rapports que l'homme doit avoir avec Dieu.
Quand l'homme est religieux, Dieu est content comme un bon père. 11 souffre, comme un père abandonné de ses enfants, quand les hommes n'ont plus de religion.
Se priver de la religion, c'est se priver de ce que Ton trouve en Dieu, c'est-à-dire de tous les biens véritables.
Dans la religion il y a une partie de choix, par exemple l'oraison proprement dite, la communion fréquente.
Cette partie de choix, Dieu l'a réservée aux âmes de choix, et en même temps il la leur demande. Aurai-je le courage de la lui refuser? Alors tristesse pour Dieu, et malheur à moi.
La piété et Jésus-Christ Notre- Seigneur. — Jésus-Christ, en compagnie de sa sainte Mère, est à la fois le principe et le terme de la piété chrétienne et religieuse.
Il en est le principe, parce que c'est lui qui nous y a portés par ses exemples : il a prié, il a adoré il a offert un sacrifice, il a accompli toute la loi.
Il en est le principe, parce qu'il nous l'a enseignée par ses leçons. C'est lui qui a renfermé dans l'Oraison Dominicale toute la substance de la piété parfaite; et qui nous a inculqué, avec une force toute divine, la grande loi de la prière.
Il en est le principe parce qu'il la verse incessamment dans nos âmes, surtout au moment de la communion.
Il en est le terme, parce que c'est à lui, aussi bien qu'à son Père, que nous devons aller, et qu'aller à Jésus et à Marie dans la prière, c'est la force, c'est la vie, c'est la douceur, c'est la lumière, c'est la guérison, c'est la résurrection.
La piété et l 'éternité. — Si je suis vraiment pieux, j'éviterai le péché, ou je saurai le réparer.
Si je ne suis pas vraiment pieux, je n'aurai ni l'innocence ni la pénitence.
Si je suis innocent et pénitent, ma voie vers l'éternité est la voie droite.
Si, par mon manque de piété, je remplis ma vie de fautes, au moins vénielles, non réparées, que penser de mon éternité?
Bien des religieux ont perdu leur vocation, et se sonl damnés. Ils auraient évité ce malheur effroyable, s'ils avaient été pieux. ♦
La piété prépare à une douce et sainte mort; le manque de piété prépare à une mort pleine de regrets.
N'oublions pas cette grave sentence : Quiconque prie se sauve, quiconque ne prie pas se damne.
Être damné après avoir vécu en religion, ô malheur des malheurs! Et c'est ce à quoi je suis exposé, si je n'ai pas de piété, si je n'observe pas la loi de la prière.
La piété, si je la cultive avec soin, me prépare, après une vie innocente et une mort sainte, un purgatoire adouci par toutes les indulgences qui me seront appliquées, en récompense de celles que j'aurai gagnées; et j'irai vite, vite au ciel.
Après ces. saintes réflexions on fait l'acte. Cet acte, dans sa perfection, est une sorte de consécration à la vie de prière et de piété, mais une consécration sérieuse et courageuse.
Mon Dieu, je me consacre à l'oraison et je veux la faire
coûte que coûte! Aidez-moi, Seigneur! Oui, je veux être un religieux dont on puisse dire : Cette âme est une âme d'oraison.
Mon Dieu, je me consacre au recueillement. Cette vertu est difficile. Il faut constamment se vaincre pour se porter à Dieu. Eh bien! avec le secours de la grâce, je me vaincrai; je vous le promets, Seigneur!
Mon Dieu, je me consacre au travail de la piété dans toutes ses parties! Je veux recevoir les sacrements souvent et toujours bien. J'assisterai à la sainte messe en vrai religieux. Je ferai de la récitation de mon office un acte toujours sacré.
A Jésus dans le saint Sacrement ma visite quotidienne; à Jésus souffrant, souvent mon chemin de croix; à Jésus et à son Cœur adorable, une dévotion fidèle.
A Marie, mon culte filial avec les saints excès qu'il comporte.
A saint Joseph, à mon ange gardien, à tous nos saints patrons, mes hommages fidèles.
A toute ma céleste famille la piété, la piété, la piété, mais solide et favorisant mes devoirs d'état au lieu de les gêner.
Enfin et par-dessus tout la prière, la loi de la prière, l'habitude de prier à tout propos, l'introduction de la prière dans tous mes exercices de piété, et la fidélité à demander chaque jour la grâce de prier aussi persévéramment et aussi fervemment qu'il le faut pour assurer mon salut.
Après cette consécration, je répandrai ma prière dans le cœur de Dieu.
0 mon Dieu, mon Père, faites de moi un religieux pieux, vraiment pieux, solidement pieux, constamment pieux, persévéramment pieux!
Faites surtout que je prie, que je prie toujours, que je prie de mon mieux, et que chaque jour je demande la grâce de la prière.
Donnez-moi l'inestimable trésor de l'oraison et du recueillement.
• 0 Jésus, qui m'avez donné le double trésor de la confession et de la communion, ne permettez pas que j'en abuse par négligence, manque de piété, ou manque de pureté! Accordez-moi la grâce, l'inestimable grâce de me confesser et de communier toujours de mieux en mieux jusqu'à ma mort.
Faites, ô Jésus, que je sois fidèle à honorer votre Cœur sacré, votre sainte Passion et tous les saints mystères de votre vie et de votre mort; que je rende toujours fidèlement à votre sainte Mère tous les devoirs de ma piété filiale !
Accordez-moi le bonheur de combattre, toute ma vie, les obstacles qui s'opposeront à ma piété, et de toujours donner avec une invincible fidélité à la vie intérieure tout ce qui lui revient. Ainsi soit-il!
Après avoir prié de cette manière, on renouvelle la résolution ordinaire, en promettant tout spécialement le continuel retour à la piété.
§ V. -A- Examen et bon propos sur la piété.
Aurai-je le bon esprit de regarder mes exercices de piété comme des obligations indispensables entre toutes?
De prendre mes précautions pour observer, toute ma vie et toujours très fidèlement, la grande loi de la prière?
De ne me permettre aucune omission sans raison absolument supérieure, et de suppléer en partie à toutes les omissions que les circonstances m'imposeront?
De demander à tout propos la constance et la fidélité dans l'accomplissement de mes devoirs de religion.
De faire de temps en temps l'oraison sur ce sujet sacré?
Enfin de m'imposer quelquefois une revue et une confession plus détaillées sur les questions suivantes: omis-
sion de l'oraison, oraisons mal faites, recueillement négligé, loi de la prière pas assez bien observée, sacrements mal reçus, messe mal entendue, dévotion au saint Sacrement et à la Passion pas assez cultivée, Sacré-Cœur de Jésus peu honoré, dévotion à la sainte Vierge trop négligée, office mal récité ou omis; et, en général, piété religieuse par trop souvent sacrifiée, trop de concessions faites à l'activité et aux autres difficultés que présente la vie religieuse et active?