‹ Le retour continuel a DieuChapitre 8 sur 146 · Cum sit una, omnia potest (Sap. vu · texte numérisé non relu

Cum sit una, omnia potest (Sap. vu

2. Ama, et fac quod vis (S. Aug., In Epist. Joann., tract. VII, civ, 8°).

les obtenir ou les accroître, il s'en rapporte uniquement à ce calcul de son cœur : Je le sais, aussi longtemps que j'aimerai Jésus-Christ, je serai humble, obéissant, pénitent, prudent, c'est-à-dire parfait. Mais, persévérerai-je dans ma perfection? Persévérer est un bonheur distinct d'aimer. Dieu l'a voulu, si mon amour d'aujourd'hui me promet qu'aujourd'hui je serai vertueux, il ne me promet pas que demain j'aimerai encore.

Pénétré de cette idée, le Saint ne se borne pas à faire régner la charité dans le présent, il joint toujours à ce grand labeur un autre travail : celui de régler son espérance pour l'avenir. Dans ce but, il recourt à deux moyens qui font de lui un des saints les plus héroïques et les plus sages.

Le premier est un craintif effort. C'est là une des notes distinctivesde la conduite d'Alphonse. Qui jamais a poussé plus loin les minutieuses opiniâtretés d'une âme toujours debout, mais toujours redoutant une chute?

Le second est une spéciale prière pour la persévérance. Frappé, et combien fortement ! de cette vérité que la persévérance est un don, un don gratuit, un don immérité et imméritable, si je puis ainsi parler, un don promis cependant à la prière de chaque jour, il se met à la solliciter et implore la faveur de la solliciter jusqu'à la fin. « Qu'on ne s'étonne pas, dit-il, de m'entendre demander sans cesse l'amour et la persévérance : ces deux biens sont distincts l'un de l'autre; tous deux sont indispensables, et à eux seuls ils suffisent à tout ' . »

Voilà saint Alphonse dans son héroïque prudence : à la souveraineté de l'amour il unit sans cesse la craintive espérance qui veut persévérer et qui, pour persévérer, se livre au saint esclavage d'un ardent effort surtout aux inquiètes importunités d'une infatigable prière.

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