‹ Le retour continuel a DieuChapitre 91 sur 146 · LA VOLONTÉ DE DIEU POUR DIEU · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ DE DIEU POUR DIEU

La charité est donc une disposition créée par le Saint- Esprit et en vertu de laquelle l'âme, transformée dans sa

manière de vouloir, se complaît dans le bien de Dieu pour Dieu et trouve là le terme de ses affections.

Oui, mais ce bien de Dieu auquel nous visons, c'est souvent, si nous n'y prenons garde, un bien particulier de notre choix. Ce bien ou ces biens que nous voulons apparemment pour Dieu, nous les aimons extrêmement en euxmêmes. Car, dans l'homme, surtout dans l'homme plus ou moins guéri de péché, la volupté du bien l'emporte de beaucoup sur celle du mal La charité corrige ce fond du coeur, et d'autant plus efficacement qu'elle est plus pure et plus grande. Pour elle, le bien de Dieu c'est la volonté de Dieu tout entière, même et surtout quand elle a pour objet des choses pénibles. C'est la volonté de Dieu toute seule, même et surtout quand l'objet en est agréable à la nature. C'est la volonté de Dieu avec ses signes et sa hiérarchie. C'est la volonté de Dieu avant tout, dans les Règles et dans l'obéissance si on est religieux, dans les devoirs d'état si on est séculier. C'est la volonté de Dieu dans les accidents providentiels qui traversent notre vie.

Contre cette charité ainsi concentrée dans la volonté de Dieu s'insurge dans le cœur des hommes de bien la volonté propre, disposition vicieuse qui substitue le moi à Dieu dans une foule de circonstances; de telle sorte que, malgré de nombreux mérites, la vie est encore, au moins en partie, un amalgame de charité et de péché.

Quand l'amour de Dieu est assez vrai pour n'être plus que le fiât voluntas Dei, c'est la perfection, c'est la paix, c'est le mérite continuel, c'est l'union à Dieu, c'est la simplicité dans toutes les vertus, c'est Dieu lui-même dans le cœur de l'homme. Quand, au contraire, l'amour d'un bien particulier vit à côté d'un certain amour de Dieu, c'est le tiraillement, c'est la demi-corruption de toutes choses.

CINQUIÈME .IOUR. ,'JG'I

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