‹ Le retour continuel a DieuChapitre 98 sur 146 · LA PASSION DE \OTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LA PASSION DE \OTRE-SEIGNEUR

L'Incarnation est un miracle de charité, la Passion est deux fois un miracle.

Remontons en Dieu. Là, c'est la charité donnant de plus en plus dans les excès. Un Dieu anéanti et incarné, c'était déjà excessif et plus que suffisant pour contenter cette charité infinie. Mais Dieu aime en Dieu, par conséquent au delà de toutes les bornes imaginées ou imaginables.

Aussi veut-il ajouter à l'Incarnation la souffrance, et quelle souffrance! En souffrant, dit-il, je procurerai à

l'homme des garanties de félicité, et au delà de toute surabondance. C'est un plaisir pour ma charité. En souffrant, je montrerai mieux à l'homme jusqu'où je l'aime ; et, en le lui montrant, j'espère obtenir de lui l'amour pour lequel je me suis passionné. C'est un second plaisir pour ma charité.

Ce plan vient du Saint-Esprit, amour substantiel du Père et du Fils. Le Père l'accepte et consent à livrer son Fils à la douleur et à la croix; lui-même veut briser le Sauveur de ses mains, pour que l'homme voie et que, voyant, il aime. Le Fils accepte avec le même élan de charité. En souffrant je sauverai davantage; en souffrant je presserai plus fortement le cœur de l'homme. Je souffrirai donc ; et toute ma vie ! Et combien ! Et comment !

La Mère de Dieu accepte. Car elle aussi, femme bénie entre toutes les femmes, a dans son cœur de mère la charité de Dieu. Donc pour nous sauver et pour nous aidera aimer, elle veut bien, elle désire que son Fils souffre et meure ; à la douloureuse Passion de Jésus-Christ, elle joint ses propres et immenses douleurs.

Dès l'Incarnation, la Passion de Jésus-Christ commença. Toute sa vie, elle dura. Toute sa vie, elle devint chaque jour plus amère, pour se terminer par les tortures et par la mort.

Et ce qu'il fit pour tous, il le fit pour chacun. J'ai donc été, pendant trente-trois ans, dans la pensée et dans le cœur de Jésus-Christ; dans sa pensée et dans son cœur chaque fois que la douleur s'est réveillée ; dans sa pensée et dans son cœur au moment de la flagellation, du crucifiement et de la mort; dans la pensée et dans le cœur de sa sainte Mère.

Et en croyant à ces mystères, je reste là sans amour et sans émotion! Cœur dépravé et insondable* .

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