ACTE PREMIER, SCÈNE I L
ANDRÉE
La femme doit suivre son mari.
HENRIETTE
Mais elle ne doit pas le poursuivre.
SUZANNE
La nuance est délicate.
l'oncle émili:
Et puis, si le mari l'exige?
HENRIETTE
Enfin, ce cher Gaston, je vais le revoir ce soir. Ça m'ennuie pourtant bien de m'en aller.
MONSIEUR AUBIER
Il fallait lui dire de venir vous rejoindre ici.
HENRIETTE
Oh! non, c'est impossible; mes beaux-parents attendent avec impatience la fin des manœuvres pour nous recevoir; nous passerons vingt-quatre heures à Paris et nous partirons pour la Franche- Comté.
MADAME AUBIER
Vous vous entendez bien avec vos beauxparents?
Très mal.
MONSIEUR AUBIER
C'est ce que tu voulais dire.
HENRIETTE
Ma belle-mère ne peut pas me sentir.
MADAME AUBIER
Vous devez avoir des distractions là-bas, il y a sans doute beaucoup de monde à cette époque?
HENRIETTE
Oui, des gens assommants ! Ah ! je vais monter dans ma chambre préparer mes affaires.
ANDKÉE
La femme de chambre a dû faire votre malle.
HENRIETTE
J'ai encore ma valise.
ANDRÉE
Voulez-vous que je monte avec vous? Puis-je vous aider?
HENRIETTE
Njon, je vous remercie, je la ferai bien toute seule... J'ai l'habitude. D'ailleurs, je n'en ai pas pour longtemps. A tout à l'heure, je redescends.
(Elle sort.)