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précurseurs d'Edouard Drumond, Mais sa raison lui défend d'être antisémite; il ne rend pas fejj juifs seuls responsables de tout ce qui arrive d<\ fâcheux (ini dut de lui. Parbleu ! il sait bien que s'il n' 1/ avait pas de corruptibles, les corrupteurs perdraient leur temps. Luttes brèves et inégales de certaines consciences- contre les tentations ; c'est le pot de terre, ride, contre le pot de vin, plein. Michel qui n'accepterait pas n'oserait pas offrir: à ces représentants du peuple, il prêterait ses pudeurs, sa fierté, sa droiture, et ce n'est pas cela, parait-il, qu'il faut leur prêter.
Il suit arec passion le socialisme qui grandit : il y rencontre des humanitaires qui se détestent . des libres-penseurs aussi ennemis de la liberté que de la pensée. Alors, il se détourne de la chose publique; il est également prêt pour l'anarchie et pour le bon tyran.
Iljcultive son Moi, veut se connaître lui-même. \\ Mais les systèmes philosophiques se contredisent : la physiologie, la psychologie scientifique l'épouvantent : sa mémoire, sa volonté, toutes ses facul-
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autant de mécanismes compliqués dont on lui dr montre qu'il ne peut régler aucun des rouages subtile. II se découvre l'esclave de son libre arbitre, le jouet d'un déterminisme indéterminé; et d'une philosophie de baccalauréat, de l'Impératif catégorique de Kant, il passe à un Dubitatif non moins catégorique. Il est également prêt pour ,e renoncement et pour la course au bonheur. Entre temps, il a lu Renan; il s'est amusé aux ontradictions élégantes de ce virtuose éminent dont / -s partis les plus opposés peu cent se réclamer; il a admiré que cet esprit considérable, parcourant toutes les routes de In pensée, se tînt animent rn équilibre sur deux vérités, comme un cycliste sur les deux murs de sa légère machine. A sa suite, il est entré en dilettantisme, recherchant dans Sirius les raisons supérieures d'une indifférence séduisante. Jusqu'au jour où, placé dans le milieu et en face des circonstances que l'on connaît , il se trouve projeté, presque //m/gré lui, hors de ses hésitations habituelles, hors de son éclectisme philosophique. Alors, il
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choisit entre les deux vérités, ou plutôt croit , choisir celle que lui imposent Vatavimuir^héré=~dité^la Ira lition, l'éducation , en un mol, toute I so sensibilité collective et française.
Judith, elle, est bien différente de Michel. El e n'est jamais vague, indécise. Toute sa force réside dons le parfait accord de ses sentiments et de sa raison. Elle n'est embarrassée d'aucun scrupule qui linqitiète sans la guider, d'aucune morale ni d 'aucune religion, à laquelle elle continue d'obéir sans y croire. Mjusjdle est juive et s'en glorifie;. elle croit à la supériorité et à la prédominance d'Israël. Fiïjëfle banquier, petite-fUlejle rabbin, elle a directement, clans sa famille, les ancêtres du juif moderne ' : elle est positive et, à sa façon.
messianique, sans contradictions. D une manière générale, elle a horreur de l à-peu-près. Avecson grandrpère, savant distingué, contemporain et peut-être ami d un James Darmesteter, ou
1. Anatole Leroy Beaulieu : Israël citez les nations. C. f. passitu. chapitre VIII. Psychologie du juif.
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imagine sans peine de quel coup d'œil favorable elle embrasse l'histoire du peuple juif. Nul doute pour elle que l'histoire juive ne longe l'histoire universelle sur toute son étendue et ne la pénètre par mille trames. Nul doute que, depuis la Révolution française, la pensée du peuple juif ne se trouve en accord avec la conscience de l'humanité1. Avec une pareille certitude, elle peut aller loin.
Elle sait aussi que les pratiques de sa religion riont jamais été un « moyen de croire », un expédient pour ci abêtir » à la foi une pensée rebelle. Il est probable que son père, le banquier, et ellemême n'eu observent pas le rite minutieux. Mais, ces pratiques supprimées, elle sait aussi que les deux dogmes n'en subsistent pas. moins qui, depuis les prophètesjfontjs^udmsme tout ett?+*+Lj ijjjjé Divine et .Messianisme, c'est-à-dire, en langue moderne, I nité des forées et rrenjunce gu Prcu/rès__^
1. James Darmesteter : Coup d'œil sur l'histoire du peuple juif. C, F. passim.
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Interprétation tendancieuse et qui permet, au nom de ce progrès, de poursuivre d'autres religions dans leurs pratiques <> abêtissantes »>, sans ri iger la fermeture des boucheries kascher.
Malgré cela, Judith a reçu le baptême chrétien, pour épouser le jeune Gaston de Chouzé. Aux environs de f année 18!»8. on devait tenir dans sa belle-famille, des propos sévères et injustes contre les juifs; qu'o/i se figure nne Strohmann épousant un Bar fleur, aa moment de l'Affaire'. Son amour pour les siens n'en a fait que s'accroître. Si, au sortir d'an tel milieu, elle a aimé Michel, c'est qu'il n'était pas antisémite. Autrement, elle eût été inexcusable.
On a écrit : — Si -Judith n'avait pas été juive, les mêmes désaccords entre elle et Michel seraient survenus. — Je ne le crois pas. D'abord si Judith avait été de la même race et. surtout, de la même éducation chrétienne que Michel, elle aurait