‹ Le retour de Jérusalem; comédie en quatre actesChapitre 5 sur 58 · II- !.!it toujours été les commissinnndires de la pensée · texte numérisé non relu

II- !.!it toujours été les commissinnndires de la pensée

<>ui. parce qu'il y a chez nous des ouvriers el des paysans, et ton- les éléments qui constituent un peuple et non pas une bande. (Pag<

PREFACE x.xvn

N'était-ce pas Ahasvrra qui, par ces paroles toui hantes, plaignait son peuple d'être, dispersé?

J'ai supprimé aussi la scène qui termine le troisième acte, et dans laquelle les caractères de Judith et de Lazare sont développés selon leur race, mais en beauté, parce qu'elle a été jugée

dangereuse par ceux et pour ceux quelle dévêtit le mieux servir* Dans Pavett de son amour profond et par que Judith fait à Lazare, quelques dames Israélites mont pu voir quinte femme hystérique offrant son corps, alors que c'était une créature de douleur et de détresse qui proposait son âme et, dans le refus honnête et fraternel de Lazare, des coreligionnaires n'ont pu voir que gène et niaiserie. Disons le mot qu'eux-mêmes ont prononcé : ce bon juif, de haute culture, homme probe, ami fidèle, messianique rêveur qui met sa grande fortune au service d'une grande cause, et veut que sa race reste pure pour accomplir, en noblesse, ses destinées, ce bon juif , ils l'ont trouvé invraisemblable.

xxviii PREFACE

J'ai dû obéir aussi à d'autres considérations, celles-là d'ordre théâtral. Le théâtre a des lois exigeantes. Après la scène qui précédait ; violente jusqu'à l'attaque de nerfs, le public, trop secoué, ne semblait plus s'intéresser à une détresse purement sentimentale. Cette conversation entre Lazare et Judith ne venait peut-être pas à sa place. En ce cas, c'est ma faute de ne l'avoir pas prévu : antiscénique alors, mais non antisémite.

On a trouvé exagéré et encore invraisemblable, j. Je trait de solidarité qui termine cette scène. Je le (j^x -répète, nulle assertion qu'on ne puisse illustrer par vingt exemples. Cette solidarité, les juifs lu contestent; nous la constatons, en la trouvant admirable ; ils la nient, nous Taffirmons, en lu jugeant menaçante.

Bref, pour toutes et s causes, on ma supplié de supprimer cette scène, et j'ai cédé. Mais, cette décision prise, entre la répétition génétale et ta première représentation, j'ai traversé une journée d'angoisses. Puisqu'il y avait lutte, j'étais le lutteur qui se coupe un bras, mutilation qui

PBÉFACE xxix

ne va pas sans souffrance et sans risques.

Là-dessus, une femme d'un grand cœur et de talent, qui s'élève contre toutes les injustices, dont la pitié est, d'avance, avec les persécutés et les vaincus, en quoi elle ressemble à Michel comme une sœur, cette femme feint que j'aie crié : Mort aux Juifs! et, dans un article qu'elle intitule P. P. C, prend la défense d'Israël1. P. P. C. ? Par Pure Complaisance, sans doute? Cette fois, son indignation s'est trompée de côté. Si les Juifs sont opprimés en d'autres pays, et nous le déplorons, ils ne le sont pas chez nous, et tant mieux, mi/le fois tant mieux ! Oui, ils l'ont été pendant quinze siècles, mais il ne faut pas qu'ils en abusent et qu'ils l'exploitent. Ils ne le sont plus depuis cent ans. et même, si on les brimait un peu, après toutn on ne brimerait pas les plus faibles, mais les pliŒj forts, une minorité, /nais écrasante. La c'est qu'ils permettent à peine qu'on pa

Page 1