Gil-Blas, S décembre
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sx* PRÉFACE
sinon pour les louer, et n'est-ce pas le propre de la tyrannie?
Vous plaignez, ma chère Séverine, ces juifs,
pauvres Itères, traversant les affres que j'ai
connues, les misères que j'ai endurées », et ceux
que vous comparez- « à mes pareils d'autrefois, à
mes compagnons d'hier », c'est Lazare Hœndels-
sohn, fis d'un père milliardaire et auquel les
ministres n'ont rien à refuser; c'est Narcisse
Àfkler, directeur d'une grande Revue; c'est
Jacques Y oioenbe rg . jeune noceur qui veut, à tout
prix, se créer une situation dans la politique, la
littérature ou la banque, et dit : — Quand je
deviendrai sérieux, ce sera terrible! — Non, non,
ma chère Séverine, ils )>c sont pas semblables à
mes compagnons d'hier, à mes pareils d'autrefois.
Ceux auxquels vous faites allusion étaient des
chansonniers, des poètes, des artistes, des bohèmes.
Lorsqu'un nouveau venu se présentait parmi eux,
ils ne s'étendaient pas sur quatre chaises pour
V empêcher de syasseoirà leur table; ils se serraient
au contraire pour lui faire de la place. Ils ni1
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rêvaient pas le trust du génie-, du talent, de la fantaisie et de lu bonne humour ; ils ne savaient pas organiser la réclame. Je ne suis pas - V obligé d'Israël . Ceux qui, à mes débuts, m'ont accueilli fraternellement, comme un tirs leurs, e'est Ai plions? Mluis. ce fantaisiste délicieux, George Auriol. un autre esprit charmant, Jules Joui/, ce !>■' ranger de cauchemars, et le peintre Henri Jîiriire dont le talent est tel que, lorsqu'on voit certains couchers de soleil à travers les arbres, c'est son nom qui vient naturellement sur les lèvres. Celui qui m'a pris par la main, pour me mener au succès », c'est le gentilhomme cabaret ier. Rodolphe Salis qui, un soir, sans l'intermédiaire d' aucun israé/ite, je le jure, me poussa dans une petite salle où je récitai mes premiers vers. Si, ce soir-là et d'autres soirs, les juifs m'ont honoré de leurs suffrages, je les en remercie, mais n'ai rii a fait de spécial pour les mériter, et le flot qui me les apporta peut reculer épouvanté, en les remportant. C'est Emile Rlavet qui fit, dans Le Figaro, la première soirée où mon nom est men-
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donné. C'est au Chat Noir que j'ai été présenté ù Jules Lemaître qui se plaisait parmi nous, Jules Lemaître dont vous me reprochez V amitié et la poignée de mains. Ah! ma chère Séverine, puissions-nous jamais, vous et moi, dans notre carrière, ne serrer que des mains aussi honnêtes. )Jf Je fus, il est vrai, pendant deux ans, le secrétaire d'un juif influent. Je l'ai quitté, quand il était à l'apogée de son influence et, lorsque cet homme devint malheureux, je ne l'ai pas abandonné. Je suis trop aryen, quoique vous prétendiez, pour déterminer publiquement éi quel point fat transgressé les lois inéluctables de V Ingratitude, que nul pourtant n'est censé ignorer.
Alors, vous m'accusez de battre la caisse avant de la remplir; vous me prêtez, gratuitement pane qu'aryenne, les intentions les plus noires ou les plus vertes \ Académie Française?) Je pourrois protester; mais il ne faut jamais dire : Coupole... Vous m'envoyez /-(joindre, sous cette coupole, les Torquemada, les Caboche et les Trestd ii 'Ion! Passons.
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On nia reproché de riavoir pas conclu, d'avoir
posé I" question, sans la résoudre. Conclure, être certain! et quelle confiance en soi cela implique! L antayonism.e j2UziL irréductible entre
les (leur races'* Y a-t-il même deux races et. à. proprement parler, antagonisme ^ Bornons-nous à constater, dans le moment, une psychologie \L^ juive et une psychologie française et, à irréligion} ^/^ égale, des état* de conscience différents. La fusion )n/^^ ri est pas impossible, mais l'esprit de domination sera un mauvais moyen d'arriver à cette fin, tant qu'il existera des esprits indépendants, en révolte contre toute puissance occulte ou découverte^ contre toute tyrannie cléricale, franc-maçonnique ou judaïque.
Après tout, Michel peut avoir tort dans l'avenir, bien qu'il ait la majorité pour lui dans le présent. Le monde sera peut-être un jour mené différemment ; les hommes n'obéiront plus à leurs instincts, à leurs sympathies, a leurs sentiments, à une conscience qui n'est au fond que leur inconscient, mais à la logique et à la raison pure. Tout
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citoyen du monde se guidera avec un excellent traité d'hygiène et un définitif, après bien des essais, traité de morale scientifique, sociaîè et terrestre. En attendant, il n'apparaît pas que la science suffise à résoudre seule certains problèmes.
Peut-être aussi que viendra le règne du surhomme, selon Nietzche; chacun s'appliquera à développer sa volonté de puissance. Alors le surhomme, vraiment digne de ce nom, verra chaque matin lever l 'aurore et. à ce spectacle, sentira so?i cœur plein dune joyeuse méchanceté. Alors, des nouvelles valeurs morales seront créées et les vieilles râleurs seront abolies. Ou lira dans les journaux des choses comme celles-ci :
Monsieur M.... qui habite un petit logement, « rue Vowenberg car Yoicenherg aura donné son ■'/// à une rue; on lui aura enfin rendu justice! Monsieur M.. . , était soupçonné do nourrir, par son unique travail, sa vieille mère, su femme et trois enfants. Une pauvre entre étant
■ morte, laissant deux orphelins en has-ùge.
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Monsieur M n'hésita pas à les prend
sa charge. A la fin. les voisins se sont émus : • ils prévinrent le commissaire de police. Monsieur M..., sa vieille mère, sa femme et les cinq enfants, tout ce joli monde a été cm au Dépôt. »
Mais, cessons de errer!
Je pensais que tout avait été dit à propos celle pièce, lorsque, dernièrement, un jeune nuleur Israélite taille sa plume, sort de la question, se hâte . un peu tard, de s'indigner de / eur il' rire obligé de comprendre, et assène son jugement su le Retour de Jérusalem, cohfraternellement1. Pour moi, j'admire toujours qu'un jeune homme donne arec sûreté son avis, distribue Vêlage ou le blâme, tranche en un mot. Encore une fois, nulle assertion qu'on ne puisse illustrer par vingt exemples. Etcomment répondre à qui se croit ainsi infaillible? Ne discutons même pas ; aussi l>ien, un tel