‹ Le retour;Chapitre 18 sur 22 · USA · texte numérisé non relu

USA

Vous partez !

STAXISLAS.

Oui, à ce prix , me rendrez- vous votre amitié , votre estime?

lisa ; lui tendant la main.

Vous les avez , et poui toujours... vous voilà tel que je le desirais.

SCÈXE XL Les Précédeks, CHRISTINE.

CHRISTINE

Lisa , je viens te chercher..', eh ! mais qu'as-tu donc? je vois des larmes dans tes yeux.

lisa , les essuyaitt vivement. Moi ! quelle idée !

cnRiSTTNE , à part.

Et Stanislas est ému , troublé... 6 bonheur! que je n'ose espérer... tâchons du moins de les seconder... (haut) ma sœur, je quitte Cliarlot , ( à Stanislas) il n'avait osé s'expliquer devant vous, Stanislas... mais après votre départ , il m'a demandé formellement la main de Lisa , et je lui ai promise.

LISA

Tu as eu tort; car je ne veux pas me marier, surtout avec Chariot , tu sais pourquoi.

CHRISTINE

Comment, à cause de ce (pie tu me disais ce matin... parce que ce pauvre garçon est un peu poltron.

LI^A

Oui , c'est pour cela que je le refuse. Je veux un mari qui sache me protéger, un mari «[ne je puisse estimer; je serais fière de lui donner !c bras lorsqu'en traversant le village, je verrais chacun le saluer , regarder sa croix: d'honneur; ce n'est pas par vanité, ou par un vain caprice; mais, crois-moi, ma sœur, on respecte la femme d'un brave.

Air : Que parlez-vous ici de gloire ?

Ce respect dont elle est la preuve Survit encore à son époux; Qui pourrait outrager la veuve Du soldat qui mourut pour nous.

a C'est ell' » se dit-in, à fa vue... Et sans appui, seule, au milieu de tous, EU' ne craint rien ; car elle est défendue Par la mémoir' de 5ou époux.

STAM LAS.

Oui, Lisa , vous avez raison; voilà les idées d'honneur qu'une femme doit avoir; si elles étaient toutes comme vous, milzieux, tout le monde serait soldat , et il y aurait trop de plaisir à se faire tuer.

CHRISTINE

Quoi! vous êtes de sou avis?

STANI LAS

Oui, morbleu , ne fût-ce que par état, et quand je l'entends parler, elle me rend fier; je me rappelle avec orgueil mes douze blessures, et mes trois chevrons... car ils sont là, et je ne les ai pas volés.

CHRISTINE

Et c'est vous qui l'engagez à me désobéir; mais, j'y vois clair, et si elle refuse Chariot > c'est pour un motif qu'elle ne veut pas avouer.

LISA

Moi î

CHRISTINE

Oui, sans doute; ce n'est pas moi que Ton abuse : tu ne veux pas te marier parce que tu en aimes un autre , et cet autre , c'est Stanislas !

STANISLAS,

Que dites-vous ?

LIS A

QuVi-je entendu? c'est Christine, c'est ma sœur qui ose me soupçonner-.» me faire un tel affront!., moi, aimer quelqu'un que je vois aujourd'hui pour la première fois.

CHRISTINE

Oui , mais depuis tro-s ans, tu t'en occupais, tu ne parlais que de lui; quand il arrivait des nouvelles de l'armée, c'était à lui d'abord que tu pensais, tu te faisais répéter jusqu'aux moindres détails.

Grands dieux!., quelle méchanceté!., si on peut dire...

CHRISTINE

Et quand il a fallu être marraine de mon enfant , tu n'as voulu l'être qu'avec Stanislas. ( à Stanislas.) Oui , dans les récits qu'elle à faits à mon fils , il n'est jamais question que de vous , de vos aventures , de vos exploits. (à Lisa.) Et hier encore, dans la prière du soir que tu In? fais dire, crois-tu que je ne l'ai pas enteudu : « Mon » dieu ! protégez mon parrain Stanislas , qui se bat pour » nous. »

Stanislas, attendri.

Il serait possible !

lis a , sanglottant.

Je n'y puis plus tenir, ia colère et l'indignation me suffoquent!., ne la croyez pas, monsieur, je ne vous ai jamais aimé... je ne vous aime pas... et vous, Cliristine , je ne vous reconnais plus , vous êtes uue méchante sœur.

CHRISTINE

Oui, parce que j'ai dit la vérité.

LISA

La vérité ! Je ne sais ce que je ferais pour vous prouver... Je détestais Chariot... je l 'épouserai... ouï , je

veux l'épouser... aujourd'hui, à l'instant même... vous

pouvez aller lui dire de ma part... j'en mourrai, mais du moins , on verra... dieu ! que je suis malheureuse !

CHRISTINE

Eh bien ! j'y vais... je vais le trouver, lui porter votre consentement, et je l'amènerai ici. (à part.) Allons , tout va bien ; je suis plus tranquille , et je puis , je crois, les laisser ensemble. {Elle sort.)

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