‹ Le Rétrécissement Mitral: Dans Ses Rapports Avec L'État PuerpéralChapitre 14 sur 53 · LES SIGNES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

LES SIGNES FONCTIONNELS

Bien souvent il n’en existe aucun, et si l’on considère que l’on voit, exceptionnellement il est vrai, certaines sténoses réelles évoluer sans le moindre symptôme subjectif, on ne sera pas surpris qu'il en soit fréquemment de même quand le cœur est sain,

Par contre, d’autres fois, au cours des pseudo-rythmes

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mitraux de la grossesse et même dans bien des cas sans aueun signe physique concomitant, la perturbation neurotonique se fait sentir sur le cœur, non par suite d’une lésion qui n'existe pas, mais pour une raison impossible à définir exactement, peut-être simplement par suite du travail du cœur plus considérable pendant la puerpéralité.

Quoi qu'il en soit, on observe alors la gamme plus ou moins complète des troubles divers que nous avons décrits à plusieurs reprises et sur lesquels nous ne revenons pas.

| L'observation que nous relatons ci-dessous a précisément trait à un de ces faux rétrécissements mitraux. L'examen à l’écran que l’on doit toujours pratiquer en pareil cas, afin d'éviter une erreur malgré tout possible est venu confirmer notre manière de voir. Nous allons d’ailleurs consacrer le dernier paragraphe de ce chapitre

à un rappel succinet de l'examen radiologique normal et pathologique, tel que Pont établi les récents travaux de LauBry, CHAPERON, et leurs collaborateurs. Une telle étude nous paraît le complément indispensable du présent paragraphe. ae PA

OBs. III. — Recueillie dans le service du D Lx LORIER à la Maternité de l'hôpital Boucicaut. Le 20 décembre 1926, à la consultation des femmes enceintes, nous avons examiné une femme de 24 ans, Mme Lecl.., sans profession, 2° pare, dans le 9% mois de sa grossesse et que les assistants du service pensaient être atteinte de rétrécissement mitral... Cette femme disait avoir eu une enfance maladive, mais ne se souvenait -pas avoir jamais eu de crise de rhumatisme articulaire aigu. Avant sa grossesse actuelle et même durant sa première gestation, normale en tous points, elle n'avait jamais eu

l'attention attirée du côté de son cœur. Pour ce qui concerne la grossesse en cours, ses dernières règles datent du 13 mars,

et dès le début elle s’est plainte de fréquentes palpitations ; de plus au mois de juillet 1926, étant alors enceinte de 4 mois et ayant perdu à ce moment son premier enfant de la rougeole, elle s’en était trouvée très affectée et avait ressenti quelques crises nocturnes de dyspnée qui l’obligeaient à rester un moment assise sur son lit; mais durant ces crises elle ne toussait jamais et ne présentait pas d’expectoration.

À l'examen, le cœur était régulier à 80, la palpation faisait percevoir un pseudo-frémissement, ébranlement vibratoire de la paroi au niveau de la pointe ; à l’auscultation, dans le décubitus dorsal, on entendait un dédoublement du premier bruit donnant l'impression d’une impulsion suivie d’un souffle systolique endapexien, s’entendant aussi vers la base, mais ne se propageant pas dans l’aisselle ; en position assise, ce souffle diminuait beaucoup d’intensité. La tension était de 14-9.

La radioscopie pratiquée le même jour à l'hôpital Broussais par le D' CHAPERON montrait un cœur normal.

. La malade revue un mois après son accouchement qui avait été parfaitement supporté, ne se plaignait plus alors d'aucun trouble fonctionnel. L’auscultation ne révélait d’ailleurs plus aucun symptôme anormal.

L'examen radiologique normal et au cours du rétrécissement mitral.

Toutes ces considérations, ces difficultés, ces erreurs faciles d'interprétation clinique rendent nécessaire la radioscopie. Il faut savoir reconnaitre un cœur normal d’un cœur pathologique et, dans les cas douteux, ne porter lé diagnostic de rétrécissement mitral qu'après l’examen à l’écran. Plus tard, nous verrons combien cet examen sera utile pour connaître l’aggravation d’une sténose pendant la grossesse. |

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Nous avons recours ici aux récents et remarquables tra- . vaux de CHAPERON.

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