‹ Le Rétrécissement Mitral: Dans Ses Rapports Avec L'État PuerpéralChapitre 20 sur 53 · L'EXTENSION DE L'ENDOCARDITE DURANT L'ÉTAT PUERPÉRAL · texte numérisé non relu

L'EXTENSION DE L'ENDOCARDITE DURANT L'ÉTAT PUERPÉRAL

L'extension de l’inflammation aux régions de l’endocarde voisines de la valvule mitralé et l’étude des embolies de la grande circulation qui s’y rattache nécessairement, doivent être envisagées :

1° Au cours de la grossesse ;

20 Au moment des suites de couches.

19 Au cours de la grossesse.

Etant donné que la nature inflammatoire chronique du rétrécissement mitral nous est maintenant connue, il est logique de se demander si l’influence de la gravidité, comprise dans le sens où nous l’avons déjà définie, n’est pas capable d'entraîner l'extension de l’endocardite et de compliquer la sténose d’une lésion des valvules sigmoïdes aortiques, d’une insuffisance mitrale ou encore d’amener la production d’embolies.

Or, à la suite de l’examen de nos observations personnelles, l'influence de la grossesse à ce sujet ne nous a pas paru probante ; nous n’avons en effet relevé parmi nos malades

J. Séjourné 5

ML ÉD Là qu’un seul cas d’embolie cérébrale : celui de la malade de l'observation VI qui a présenté au cours du deuxième mois de sa grossesse un léger ictus avec aphasie consécutive sans paralysie.

Cette aphasie, qui aurait été à type de Wernicke, ne dura que vingt-quatre heures, mais très probablement, malgré la neurotonie du sujet qui permettait de penser à un spasme, il s’est agi d’une de ces embolies capillaires,

minimes, passagères, mais significatives dont notre maitre

LauBry a montré l’importance, C’est là le seul fait chnique méritant d’être cité.

20 Au moment des suites de couches.

Un fait d'observation courante est qu’au moment des suites de couches, l'organisme maternel se trouve dans un état particulièrement réceptif à l'égard de différentes infections microbiennes. L’infection, restée latente Jusqu’à l’accouchement, subit alors une poussée évolutive de plus ou moins longue durée. Ce phénomène, très étudié durant ces dernières années et universellement admis pour la tuberculose, n’est pas aussi connu mais non moins réel pour ce qui concerne l’évolution des lésions d’endocardite chronique dues au virus rhumatismal,

Nous avons, à maintes reprises, insisté sur la tendance du rétrécissement mitral à prolonger indéfiniment son évolution, malgré des temps d’arrêt de plus ou moins longue durée ; aussi n'est-il pas étonnant que ce soit sur-

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tout dans cette affection que se fasse sentir, à l’occasion des suites de couches un réveil inflammatoire. Un exemple nous en est fourni par une femme de 27 ans, primipare, qui avait eu à l’âge de 20 ans une violente crise de rhumatisme articulaire aigu à la suite de laquelle s’était installée une double lésion mitrale, peu importante et qui, lors du début de sa grossesse, À 1 paraissait. stabilisée depuis plusieurs années. Durant les neuf mois de sa gestation, aucun changement ne s'était produit dans l’état de son cœur et elle s'était même si bien portée que nous l’avons citée comme un exemple d'amélioration des signes fonctionnels du rétrécissement mitral au cours d’une grossesse (voir obs. I1). Au lendemain de son accouchement, l’examen physique révélait une petite maladie mitrale ‘très discrète et rien ne pouvait faire prévoir la suite de l’observation dont voici les détails Suite DE L'Ogs. IL. Mme Georgette G..., 27 ans, se présente à la consultation de cardiologie de l'hôpital -Broussais: le 19 mai 1927, un mois et demi après son accouchement, -.. parce que depuis sa sortie de l'hôpital Boucicaut ses troubles . fonctionnels sont beaucoup plus intenses qu'ils n’étaient avant le début de sa grossesse; elle se plaint surtout de dyspnée d'effort très accusée et de palpitations presque continuelles. De plus, elle ressent à intervalles très rapprochés une sensation de coup de bélier à l’intérieur de la poitrine. Mis en éveil par les résultats de l’interrogatoire de cette malade, nous lPexaminons et recueillons les signes suivants, essentiellement différents de ceux que nous avions constatés un mois et demi auparavant. Il n'existait toujours pas de frémissement, mais à l’auscultation, le roulement diastolique était suivi, non plus

d’un léger, mais d’un très gros souflle systolique de la pointe qui s’irradiait vers Paisselle et le dos. Comme signes nouveaux,

on entendait aussi un dédoublement constant du deuxième bruit à la pointe, un souflle diastolique et des extrasystoles

fréquentes.

Reprenant alors l’interrogatoire, nous demandons à la

malade si elle n’a pas ressenti ces derniers temps de douleurs articulaires ; elle nous répond à ce sujet négativement.

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