I. — Causes générales d'interdiction de la grossesse
Nous savons qu'aucun symptôme ne permet de faire prévoir à l’avance la reprise possible, à l’occasion de l’état puerpéral, de l’évolution d’un rétrécissement mitral jusque là stabilisé, mais que cette éventualité peut très bien ne pas-se produire. Aussi, nous ne croyons pas qu'il faille, comme à la fin du siècle dernier, exagérer la prudence et, nous basant sur le fait qu’une sténose restée stabilisée durant toute la gestation est bien supportée, tandis qu’au contraire l’endocardite évolutive est cons- tamment aggravée par la puerpéralité, nous avons établi les règles de conduite suivantes, qui se résument ainsi 4
Dans la sténose mitrale stabilisée la grossesse est permise : par contre, elle doit être interdite, tout au moins momentanément, dans le cas de rétrécissement mitral évolutif, à quelque degré que ce soit, même si la femme est une multipare et si ses grossesses antérieures ont été normales.
Cette loi est cependant trop simple et doit être complétée en ce qui concerne l’œdème aigu du poumon, ce phénomène si redoutable que l’on peut observer au cours du rétrécissement mitral aussi bien évolutif que stabilisé.
ms AZ
A ce sujet, nous rappelons que les femmes ne présentent pas forcément à chacune de leurs grossesses de nouvelles crises d’œdème aigu, mais, étant donné la gravité de cet accident et, malgré tout, sa fréquence de reproduction, . nous estimons qu’il ne faut pas courir la chance et qu’il convient d'interdire la grossesse à toute femme ayant présenté lors d’une gestation antérieure de l’œdème aigu du poumon.
La même interdiction doit être étendue aux malades qui, bien que n’ayant jamais été enceintes, ont un rétrécissement mitral qui se complique habituellement d’œdème aigu ; en effet, bien qu’une gestation survenant alors puisse améliorer les crises, il ne faut pas oublier qu’elle peut aussi les aggraver et nous ne pensons pas non plus que dans des cas pareils, on ait le droit d’exposer des femmes à un danger aussi sérieux. L
Nous allons maintenant examiner les grandes lignes du traitement à mettre en œuvre quand la grossesse est en cours : le problème est très complexe et l'avortement n’est pas indiqué, comme on pourrait le croire, dans tous les cas d'évolution. Mais ne pouvant, comme pour les causes d'interdiction, établir une règle générale, nous nous voyons dans l’obligation d'indiquer dans différents paragraphes la thérapeutique des multiples accidents dont l’étude a fait l’objet des chapitres de cet ouvrage, chaque chapitre se continuant par le paragraphe correspondant ; toutefois, nous avons jugé inutile d’en consatrer un spécialement aux rétrécissements mitraux stabilisés ; le traitement en est, en effet, uniquement symptomatique et on en.trouvera les éléments dans les paragraphes IT et IT.