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Quand l'insuffisance auriculaire est isolée, ce sont encore les signes radiologiques qui nous conduisent. Dans la grossesse, il nous importe moins, en effet de savoir si la malade est ou n’est pas en arythmie complète que de connaître la valeur de son myocarde. Ainsi, lorsque le début dé la grossesse est la cause d’une très grosse dilatation de l'oreillette, ce symptôme même isolé doit faire conclure à l’avortement. Plus tard, au cours de la gestation, il faut exiger avant de prendre la même décision, d’autres symptômes de défaillance, tels qu’une stase veineuse progres- .sive (cf. parag. préc.) ou des troubles fonctionnels graves, comme l’œdème aigu du poumon.
Quant au traitement médical de l’arythmie complète envisagée en elle-même, comme on n’est jamais sûr qu ’elle soit seulement due aux troubles endocriniens de la gravidité, nous conseillons, aussi bien au cours de la gestation que pendant les suites de couches, le traitement général du rhumatisme cardiaque évolutif que nous avons déjà, à maintes reprises, indiqué.
Quand, par suite de l’accélération du rythme, il se produit une gêne circulatoire, on évitera d’avoir recours à la quinidine et on se contentera de donner de la digibaïne qui ralentira le rythme ventriculaire.
VIL — Traitement de l’artérite pulmonaire et de l'insuffisance ventriculaire droite au cours de la puerpéralité.
Nous avons vu que, durant la grossesse, il est rare que ces accidents occupent le premier plan et que d’une façon générale, ce sont les progrès de l'insuffisance des cavités gauches qui commandent le pronostic et le traitement.
Dans les cas exceptionnels où ce sont les complications
de lPétape pulmonaire et l'insuffisance ventriculaire droite qui sont les phénomènes les plus importants, on doit, comme pour les défaillances du cœur gauche, tenir le plus grand compte de l’âge de la grossesse, c’est-à-dire que pour un état pathologique identique, il faut être d'autant -plus porté à provoquer l’avortement que la Ron est moins avancée. :
Malheureusement, il nous est impossible de donner dans les symptômes d'insuffisance ventriculaire droite et d’artérite pulmonaire des points de repère aussi simples et fidèles que nous lavons fait pour le traitement des défaillances des cavités gauches à laide de la stase sanguine des veines pulmonaires. À défaut de ce moyen sûr et pratique de conseiller l’interruption de la grossesse, on se basera sur les différents facteurs de pronostic que nous avons mentionnés à la fin du sixième chapitre, c’est-à-dire sur les signes croissants d'insuffisance ventriculaire droite et en particulier sur les progrès plus ou moins rapides de la cyanose, sur l'apparition du bruit de galop droit, mais
surtout sur l'augmentation progressive de la dilatation des cavités droites qui, à elle seule, doit faire conclure à l’avortement, quand elle est constatée dans les six premiers mois de la grossesse. Nous rappelons qu'il convient de ne pas admettre sans discussion, au cours de la gravidité, la dyspnée d'effort et la tachycardie quand ces signes ne sont, pas en rapport d'intensité avec les symptômes précédents,
: Quant aux précautions à prendre pendant l’accouchement naturel ou les interventions obstétricales, elles sont les mêmes lorsque l’on redoute la défaillance des cavités droites qu’en présence de celle du cœur gauche ; en particulier, nous proscrivons d’une façon absolue l’emploi de l’éther comme anesthésique.
Indépendamment de ces diverses mesures, on ne devra naturellement jamais, en présence d’une malade atteinte d'insuffisance ventriculaire droite, négliger le traitement médical tonicardiaque qui doit être continué même après la cessation de l’état gravidique, Toutefois, on est en droit d'attendre, en général, bien peu de succès de Paction de cette inédication.