RÉSUMÉ DE NOTRE STATISTIQUE PERSONNELLE
Trente-neuf malades nous ont été adressées à l'hôpital Broussais par les différents services obstétricaux de Paris avec le diagnostic de sténose mitrale. Sur ces 39 femmes, il n'y en avait cependant que 29 qui fussent atteintes de rétrécissement. mitral. Parmi les dix qui étaient indemnes de sténose, nous avons diagnostiqué An
a) 3 insuffisances mitrales. |
b) 7 pseudo-rétrécissements| mitraux de la grossesse.
Quant aux 29 femmes réellement touchées par l’endocardite sténosante, nous les avons classées de la façon suivante : |
c) 14 rétrécissements mitraux stabilisés, parmi lesquels nous avons eu deux femmes qui ont présenté pendant leur gestation des crises d’œdème aigu du poumon; ces quatorze malades sont d’ailleurs parvenues à terme et ont accouché normalement.
d) 15 rétrécissements mitraux évolutifs qui sont ainsi répartis :
19 9 malades chez lesquelles, aussi bien pendant la grossesse que durant les suites de couches, l’insuffisance ventriculaire gauche a représenté l’accident le plus important : sur ces neuf femmes, nous avons noté trois grossesses com-
plètes, deux aecouchements prématurés à 7 mois 1/2 et à 8 mois et un avortement naturel à 4 mois.
Enfin, nous avons dû faire interrompre trois fois la grossesse dans les tous premiers mois.
29 2 malades atteintes surtout d’artérite pulmonaire et d'insuffisance ventriculaire droite.
39 2 malades également chez qui dominaient les aecidents d'insuffisance auriculaire gauche,
* 40 2 malades enfin qui présentaient principalement durant les suites de couches, des accidents inflammatoires d’extension de l’endocardite.
Notre statistique comporte deux malades dont les accidents gravido-cardiaques ont abouti à la terminaison fatale, ce qui porte la mortalité à environ 6 %, chiffre que nous croyons trop élevé et que nous mettons sur le compte d’une série malheureuse et sur le fait que dans ces deux cas, les règles que nous préconisons dans ce travail n’ont pas été appliquées par le médecin traitant. Quoi qu’il en soit, elles étaient toutes deux atteintes de rétrécissement mitral évolutif et rangées dans les catégories 1 et 2.
A ce propos, faisons remarquer que la répartition des différents types d'évolution en 1, 2, 3, 4 est schématique et, par conséquent légèrement inexacte. Ainsi nous avons classé en 1 les femmes dont les accidents les plus importants étaient dus à l'insuffisance ventriculaire gauche, mais parmi elles, plusieurs étaient atteintes d’une artérite pulmonaire qui toutefois passait au second plan. [nversement les deux malades rangées en 2, surtout touchées par l’artérite et l’insuffisance ventriculaire droite, présentaient, mais à un degré moindre, des signes de défaillance gauehe.
La même remarque que nous venons de faire pour l’insuffisance gauche et l’artérite pulmonaire doit être également appliquée à l’insuffisance auriculaire gauche, ainsi qu'aux phénomènes d’extension endocardique.
Nous avons publié celles de nos observations qui nous ont paru les plus intéressantes et caractéristiques, comme complément aux passages où elles nous ont semblé devoir le mieux s'appliquer.