TT SE
2 ere np met mn
rene
ns Où
Le Père et son compagnon eommineèrent à délibérer sur ce qu’ils avaient à faire, s'ils devaient pousser plus loin la découverte ou se contenter de ce qu'ils avaient vu.
Après avoir considéré que le golfe du lexique s’étendait au nord jusqu'à 32°60° (1) (sie), et se trouvant déjà à 3340’, ils en con-lurent qu'ils ne pouvaient pas être à plus de deux à trois journés de la mer ; que le Mississipi avait sa décharge dans la Floride au golfe du Mexique : non pas du eôté de l'est, dans la Virginie, dont le bord de la mer est à 34° qu'ils avaient dejà passés; nc: pas aussi du côté de l'ouest en Californie parce que leur route avait toujours été au sud.
ersuadés qu'ils avaient ainsi atteint le principal objet de leur expédition, et craignant en descendant plus bas sur le fleuve, de tomber entre les mains des sauvages armés qui infestaient cette partie du Mississipi, ou bien encore d'aller se jeter entre les mains des Espagnols qui les auraient retenus captifs, ils résolurent de retourner pour ne pas perdre le fruit de leur voyage. Ils informèrent les sauvages de leur détermination, et firent encore une jaune pour se reposer et se préparèr aux nouvelles fatigues qui les attendaient,
Après un mois de navigation sur le Mississipi depuis le 42°, jusqu'au 34°, et plus, le P. Marquette et les Français, quittèrent le village des Akansea, le 17 Juillet, pour retourner sur leur pas. Ce n’est pas sans peine qu'ils remontaient lentement le courant du fleuve.
Arrivés au 38°, ils laissèrent le Mississipi pour entrer dans une autre rivière ( la rivière des Illinois,) qui leur abrégeait la route et les conduisait avec peu de peine, au lac des Illinois, (Michigan). Ils remarquèrent avec admiration la beauté du pays, des prairies et des bois ; la variété du gibier : la grande quantité de petits lacs et petites rivières qui s’offraient sur leur passage, La rivière sur laquelle ils naviguaient, était large, profonde et paisible pendant/soixante lieues. En printemps et pendant une partie de l'été, il n’y avait qu'un seul portage d’une demie lieue. Il: trouvèrent une bourgade d’Illincis nommée Kaskaskia, (2):c:vosée de soixante-et-quatorze cabanes.
(1) Ces chiffres se trouvent dans les “ Lelations inédites de la Nouvelle France ; ’ la traductior de M, Shea porte3lo4)’, On sait qu’en réalité l'embouchure du Mississipi est au ‘dessous du 2% de latitude.
(1) 1 faut bien remarquer que ce village de Kaskaskin n’ocupait pas du tout le site de la ville actuelle de Kaskaskia sur la rivière du mème nom. 3
Les habitants reçurent très bien les Frarçais et ils firent promettre au P. Marquette de retourner pour les instruire. Ün des chefs de cette nation, avec la ’eunesse du pays, alla reconduire les voyageurs jusqu'à la baie des Puants où ils arrivèrent sur la fin de septembre. (2)
Tandis que Jolliet se rendait à Québec, le P. Marquette épuisé par les fatigues du voyage et la maladie restait au milieu de ses sauvages pour se remettre, et être prêt à entreprendre la mission des Illinois aussitôt que ses supérieurs lui enverraient des ordres. Il dut aussi s'occuper d'écrire le récit de son voyage, qu'il transmit au P, Claude Dablon, supérieur à Québec, probablement l'été sxivant par la fotille de l'Outaouais. Le gouverneur de Frontenac en adressa sans doute une copie au gouvernement en France, selon qu'il l'avait promis, mais 4 cette époque on avait arrêté la publication des Relations des Jésuites, ainsi le voyage de Marquette ne fut pas donné au publie, et l’importante découverte du Mississipi n'attira pas l'attention. Par bon. heur, Thévenot, qui avait déjà publié un Æecueil de Voyages, eut connaissance du journal du P. Marquette, et il en comprit si bien l'importance qu'il se hâta de publier (1681) un nouveau volume où il l’inséra.
Mr. Spark, des Etats-Unis, qui a écrit une vie abrégée du P. Marquette, parle en ces termes de son journal :
« Le style en est simple, clair, sans aucune prétention, L'auteur raconte ce qui se passe, décrit ce qu'il voit, sans y ajouter d'embellissements pour produire de l'effet. Il y parle comme un homme d'étude, d'observations, et d'ün grand sens pratique. On ne remarque en lui aucur= tendance à grossir les difficultés qu’il rencontre, à exagérer l'importance de sa découverte, A tous égards, c'est un des documents les plus intéressants de l'histoire primitive d'Amérique. »
(2) Letableau suivant, nréparé par le général Wool, de l’armée des tats-Unis, nous permet d'apprécier les distances de toute la route suivie par le P. Marquette :— Milles, De la mission de St, Ignace à la baie des Puants, . . , . . . . 218 De la baie des Puants, en remontant la rivière Fox jusqu’au por-
ee dm D ed end ne tops à 0 nt 170 Du pare en descendant le Wisconsin jusqu’au Mississipi, . , 175 De AIRDonGRure du Wisconsin jusqu’à l’embouthure de l’Ar-
ansas, . o
De l'embouchure de l’Arkansas à la riv, Illinois : : « + + ; 647 De l'embouchure de l’Illinois à Chicago, . « . , . . . . De Chicago à la baie des Püants, en longeant le lac. . . . . . 260
2,767 SPARK, Vie de Marquette.
pe Less
Gé RE Li
Le P. Marquette passa tout l'été de 1674 à la mission de St, François-Xavier, au fond de la baie des Puants ; c’est là qu'il reçut les ordres qu’il attendait de Québec. Comme sa santé était maintenant assez rétablie, il partic de Ja mission de St. François, le 25 octobre, pour se rendre chez les Illinois appelés Kaskaskia. Le Père avaït deux hommes avec lui pour l'aider ; deplus il était accompagné d’un certain nombre de Pouteouatamis et d'Illinois. Les voyageurs suivirent les bords de la baie jusqu’à l'embouchure de ia rivière Fox, de là ils remontèrent un peu jusqu’à une petite baie qui coupait presque la péninsule et ils firent le portage dans le lac des Illinois,
Ici lus canots longeaient la côte, le P. Marquette prenait plaisir à les suivre, en marchant sur le heau sable do la grève ; il n’embarquait que pour traverser les rivières, qui coupaient le chemin. La navigatioz était agréable; il n'y avait pas de portage, l'abord sur les rives était facile, seulement il fallait ne pas être trop « opiniâtre à marcher dans les lames et de grand vent. » La ter” > ne valait rien excepté dans les prairies ; mais la chasse du chevreau était très abondante,
Ils furent plus d’un mois à cotoyer la rive occidentale du lac, enfin le 4 Décembre, ils arrivèrent à la rivière de Chicago qu'ils rencontrèrent à environ doux lieues. Mais malgré toute sa bonne volonté le missionnaire sentit qu'il ne pouvait aller plus ioin. Dès le 23 novembre, sa maladie lui était revenue, et comme maintenant la rivière était fermée par les glaces, il lui était impossible de marcher par les chemins d’hiver.
I] fallut donc se résigner à passer l'hiver en cet endroit. Après avoir instruit les sauvages qui l’accompagnaient autant que le temps le lui permit, il les laissa continuer leur route, ne gardant avec lui que ses deux hommes. A 18 lieues de là. il, y avait deux Français : l’un était le fameux coureur de bois surnommé la Toupine, l’autre se donnait comme chirurgien ; à six lieues, 1] y avait un village d’Illinois. Le chirurgien ayant été averti de la maladie du Père, se hâta de venir le visiter ; les sauvages aussi en étant informés et craignant qu'il ne souffrit de la disette voulurent l'envoyer chercher avec tous ses baggages. Le bon missionnaire, touché de leur sollicitude, s "empressa de les rassurer sur le point qui les inquiétait, mais il ne put s'empêcher de leur dire que si la maladie continuait, il lui serait difficile de les visiter, même au printemps.
Les anciens de la tribu alarmés par ces nouvelles, députèrent trois sauvages vers la Robe noire, avec trois sacs de blé, de la viande sèche, des citrouilles et douze castors : lo pour lui faire une natte, 20 pour lui demander de la poudre, 30 pour qu'il